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La rentrée des libraires

La rentrée littéraire est très attendue, dans un contexte difficile pour le secteur de l’édition. Maillons indispensable de la chaîne du livre, les libraires sont les premiers touchés par cette crise.

Éditorial

Publié le 12 août 2026 à 18h46

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Fabienne Lemahieu est rédactrice en chef à La Croix.

Fabienne Lemahieu est rédactrice en chef à La Croix.

Franck Ferville pour La Croix

La rentrée littéraire est très attendue, dans un contexte difficile pour le secteur de l’édition. Maillons indispensable de la chaîne du livre, les libraires sont les premiers touchés par cette crise.

Lire serait-il devenu militant ? L’acte, en tout cas, n’est pas neutre. La rentrée littéraire, qui mord toujours plus sur l’été pour permettre aux éditeurs de valoriser une production certes réduite mais toujours bien fournie – 461 livres –, est cette année, comme les précédentes, pleine de promesses. Acheter un des romans de l’automne revêt une importance et une urgence toujours plus grandes, alors que l’ensemble de la chaîne du livre connaît des bouleversements structurels inédits, au premier titre desquels le processus de concentration du secteur et la transformation des usages de lecture qui voient les écrans supplanter l’imprimé.

Placement en redressement judiciaire de l’enseigne Gibert fin avril, fermetures de onze enseignes Furet du Nord et Decitre ou encore liquidation judiciaire des librairies Sauramps à Montpellier cet été : la librairie est directement touchée par des ventes de livres en berne et la concurrence des plateformes de vente en ligne. Le système du prix unique ne suffit pas à pallier la faible rentabilité d’un travail pourtant constitué d’expertise et d’engagement, qui se rapproche parfois d’une mission de service public.

Les libraires sont pourtant des acteurs incontournables de la vitalité éditoriale. Travaillant au plus près des auteurs et de la création, mais aussi du public et des territoires où ils sont implantés, ces professionnels redoublent de créativité et de souplesse pour faire aboutir l’idée du « bon livre pour la bonne personne ». Leur soutien est aussi indispensable aux plus petites maisons d’édition indépendantes, dont les propositions souvent audacieuses sont une garantie de la diversité de la création littéraire. Comme d’autres pratiques culturelles, la lecture n’est rien moins que la possibilité d’une rencontre et l’usage d’une liberté. L’expérience commence au seuil des librairies. Elle en vaut la peine.