La régulation américaine sur l’IA ne devrait viser qu’OpenAI, Google et Anthropic
Le contrôle de sécurité de l'intelligence artificielle (IA) voulu par Washington ne devrait viser que les modèles dits "fermés" d'OpenAI, de Google et d'Anthropic, épargnant a priori ceux "ouverts" de Meta ou du chinois DeepSeek, a rapporté mardi la presse américaine.
Des responsables de la Maison Blanche ont présenté ce cadre confidentiel mardi lors d'une réunion avec OpenAI, Anthropic, Google, Meta, Microsoft et Nvidia.
Le contrôle prévu serait réservé aux modèles "fermés", "dotés de capacités de pointe et présentant des risques pour la sécurité nationale", selon Axios, rien dans le texte ne devant "être interprété comme restreignant les modèles ouverts".
Les modèles fermés restent hébergés sur les serveurs de leur concepteur, qui garde la main sur leur usage, sans en dévoiler la recette.
A l'inverse, l'utilisateur d'un modèle ouvert peut le télécharger et le modifier. Il peut en supprimer une partie des garde-fous, pour en faire un instrument de cyberattaque. Nvidia et Meta en élaborent aux Etats-Unis, Alibaba et Moonshot AI en Chine, ou encore Mistral en France.
Le dispositif découle d'un décret signé le 2 juin par Donald Trump, qui a ouvert la voie à un examen fédéral des modèles les plus avancés, jusqu'à 30 jours avant leur commercialisation.
Ce principe d'un examen, censé être volontaire, constitue un net virage pour l'administration Trump: elle était dominée auparavant par les adversaires de toute régulation, accusée de brider l'innovation face à la Chine.
Après OpenAI, Anthropic révèle que son IA a obtenu un "accès non autorisé" aux systèmes d'autres organisationsCe cadre de sécurité ne sera toutefois pas rendu public, rapportent les médias américains. "Des règles ne peuvent encadrer les entreprises d'IA que si l'on sait, hors de ces entreprises, en quoi elles consistent", a critiqué dans un communiqué Brad Carson, président de l'organisation Americans for Responsible Innovation.
Les entreprises qui collaborent avec l'administration "placent l'innovation, la sécurité et la cyberdéfense américaines au premier rang", a répondu une porte-parole de la Maison Blanche, Liz Huston, auprès du Wall Street Journal.
Fin juin, plusieurs observateurs estimaient qu'un tour de vis américain rendrait plus attractifs les modèles ouverts et peu coûteux, comme ceux de DeepSeek, pour des clients étrangers soucieux d'éviter toute dépendance à Washington.
Anthropic, contraint en juin par Washington de couper l'accès à deux de ses modèles, plaidait alors pour une "régulation forte", mais "appliquée également à tous les développeurs de modèles de pointe".
"Un cyberincident sans précédent" : des modèles d'OpenAI ont piraté une entreprise de leur propre initiativeCette réunion intervient après une série d'incidents, qui ont vu les modèles les plus puissants d'OpenAI (GPT-5.6 Sol) et d'Anthropic (Mythos 5) s'introduire sans autorisation chez d'autres entreprises.
Mardi, l'institut britannique de sécurité de l'IA (AISI) a rapporté que Mythos 5, lors d'une évaluation avec ses garde-fous désactivés, s'était fabriqué une fausse identité pour écrire à des développeurs afin de les convaincre d'intégrer du code malveillant dans leur logiciel. Une tromperie d'une gravité inédite, selon l'institut.
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