Le Centre Valais pousserait Benjamin Roduit vers la sortie
La présidence du Centre du Valais romand veut du renouveau au Conseil national, selon les informations de la RTS. Certains membres du parti souhaiteraient que Benjamin Roduit ne se représente pas l'année prochaine et qu'il quitte ainsi le Parlement plus vite que prévu.
La présidence du Centre du Valais romand veut du renouveau au Conseil national, selon les informations de la RTS. Certains membres du parti souhaiteraient que Benjamin Roduit ne se représente pas l'année prochaine et qu'il quitte ainsi le Parlement plus vite que prévu.
La présidence du parti a demandé cet été aux deux sortants, Benjamin Roduit et Sidney Kamerzin, de se positionner sur les élections fédérales 2027, en précisant qu'il serait préférable que l'un des deux renonce à une nouvelle législature, selon des sources recoupées de la RTS.
Comme Sidney Karmerzin a déjà manifesté son intérêt publiquement il y a un an, la pression est plus forte sur Benjamin Roduit, même si les vœux du comité cantonal restent des souhaits qui ne présagent pas forcément de l'avenir.
La présidente Lysiane Tissières-Premand ne souhaite pas faire de commentaire. Mais selon d'autres centristes contactés par téléphone, il s'agirait d'une part d'une tactique électorale: il est plus simple de remplacer un sortant à la fois; cela permet d'attirer sur la liste de l'année prochaine des candidats poids lourds plutôt que des porteurs d'eau. Les noms de Vincent Roten et Vincent Pellissier circulent, mais ils contestent être intéressés.
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KEYSTONE - ANTHONY ANEX
La stratégie femme
Le Centre serait aussi animé d'une volonté de renouveau. Benjamin Roduit aura presque 65 ans lors des fédérales. Il aura effectué deux mandats complets, plus la fin de celui de Yannick Buttet. Les statuts du Centre lui permettent certes de solliciter un dernier mandat, mais certains préfèreraient qu'il laisse sa place, en particulier à une femme.
Outre l'objectif d'une meilleure représentativité des genres, il y a une raison plus stratégique. Aujourd'hui, Marianne Maret est la seule Valaisanne à Berne. Or pour la remplacer – tout le monde s'attend à ce qu'elle arrête – Christophe Darbellay est dans les starting blocks.
Cela ferait un homme de plus, dans un canton qui n'a compté aucune femme au Conseil d'Etat lors de la dernière législature et qui n'en compte pas au National. Cette donne pourrait être fatale au conseiller d'Etat. Il aurait donc tout avantage à ce qu'une centriste remplace Benjamin Roduit.
Cette configuration éviterait de pousser des électrices et des électeurs à voter au deuxième tour du Conseil des Etats pour une candidate d'un autre parti, comme la PLR Anne-Laure Couchepin, si aucune femme ne parvient à se faire élire au National l'année prochaine. Un scénario plausible, si Pierre-Alain Grichting, qui ferait partie des papables, devait reprendre le siège PLR de Philippe Nantermod.
"Cela heurterait mon électorat"
Parmi les centristes évoquées pour remplacer Benjamin Roduit, la présidente d'Evolène et du tourisme valaisan, Virginie Gaspoz, répond qu'elle ne s'est pas encore penchée sur la question des fédérales. Quant à Françoise Métrailler, elle "réfléchit".
De son côté, Benjamin Roduit -qui s'implique beaucoup à Berne, qui est très présent dans les médias et qui lorgne vers le poste de premier citoyen du pays, quand ce sera au tour du Centre en 2030 -ne s'estime pas poussé vers la sortie. "Cela heurterait mon électorat", commente-t-il. Le conseiller national se dit en pleine réflexion quant à son avenir. "Je me positionnerai prochainement avec ma section".
Le Centre du Valais romand communiquera pour sa part vers mi-octobre, soit après la foire du Valais, lors de laquelle l'avenir de Benjamin Roduit sera assurément commenté.
Romain Carrupt/asch