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La porte-parole de Trump prend la porte après une semaine de gros malaises

La porte-parole de la Maison Blanche, Katie Zacharia, a été renvoyée vendredi, une semaine après son entrée en fonction. Une conférence de presse ultra-laborieuse et un CV imprécis auront eu raison de son poste.

Katie Zacharia lors de la conférence de presse du 13 octobre 2026, à la Maison Blanche.

Katie Zacharia lors de la conférence de presse du 13 octobre 2026, à la Maison Blanche. LENIN NOLLY / NURPHOTO VIA AFP

Aussitôt arrivée, aussitôt partie. Katie Zacharia n’aura pas tenu plus d’une semaine à son poste de porte-parole de la Maison Blanche, pour lequel elle avait été nommée le 9 octobre, succédant Karoline Leavitt. Vendredi 16 octobre, un haut responsable américain a indiqué à l’AFP que la juriste de 41 ans quittait son poste, confirmant une information de la chaîne Fox News.

Ce que le président des Etats-Unis avait d’ailleurs laissé entendre dans la journée, lors d’un échange avec des journalistes à la Maison-Blanche. « Je viens tout juste de lui en parler. J’ai dit, “Katie, est-ce que c’est fait pour toi ?” », avait-il alors déclaré, invitant la concernée à « reconsidérer » sa position. C’est alors que Katie Zacharia devient officiellement la plus éphémère « Press Secretary » à avoir travaillé pour Donald Trump, ayant tenu deux fois loin longtemps qu’Anthony Scaramucchi, le directeur de la communication de la Maison Blanche sous le premier mandant Trump en 2017. Ce dernier avait tenu 11 jours.

Il faut dire que Katie Zacharia s’est vite faite remarquée, dès ce mardi, lors de sa première conférence de presse expéditive, où la défenseuse acharnée du mouvement MAGA a confondu son « mari » avec le « président ». Tout au long de la semaine, l’ancienne consultante pour Fox News Katie Zacharia a enchaîné les malaises, même auprès de la presse conservatrice, d’ordinaire acquise à l’administration Trump. Flou sur son diplôme… Une forme d’amateurisme qui n’a finalement pas convaincu le président étasunien, qui l’avait d’abord soutenue. Retour sur une semaine laborieuse.

Acte I : une première conférence de presse totalement ratée

Elle n’aura fait qu’une conférence de presse, et l’exercice a semblé douloureux. Visiblement stressée, elle est restée scotchée à son texte et a enchaîné les blancs, les hésitations voire les bégaiements, tout en louant le bilan de Donald Trump. Jusqu’à ce lapsus, qui a largement fait réagir sur les réseaux sociaux. A une question sur l’articulation entre sa vie professionnelle et sa vie personnelle, celle qui vit en Californie bien loin de la Maison-Blanche, elle a répondu : « L’idée de ne pas passer mes soirées avec mes enfants est tout à fait inacceptable. Donc, mon président… euh, excusez-moi, mon mari - elle est bonne celle-là ! [a-t-elle réagi en direct, NDLR] - est venu pour la semaine car nous avons deux anniversaires à fêter dans notre famille ». Elle n’a finalement répondu qu’à trois médias aux lignes éditoriales plutôt conservatrices comme le rapporte The Guardian, avant de couper court à l’exercice, qui n’aura duré qu’une quinzaine de minutes.

Donald Trump avait alors estimé qu’elle « avait été très bonne ». Mais la suite de la semaine a propulsé la porte-parole dans sa chute. En effet, très vite les interrogations se sont multipliées sur le parcours et les qualifications professionnelles de Katie Zacharia, qui avait été présentée par le président comme avocate.

Acte II : le CV un peu trop beau pour être vrai

Si elle est diplômée de la faculté de droit de l’université Pepperdine en Californie, la communicante n’a pas réussi l’examen du barreau. Elle a passé la semaine à essayer de noyer le poisson, pour finir par admettre au média conservateur Real America’s Voice, jeudi 15 octobre, qu’elle n’avait pas obtenu le barreau. Elle a indiqué avoir été « distraite et submergée » par un projet de déménagement en Chine, pour expliquer sa non-réussite à l’examen. Elle a toutefois joué sur l’ambiguïté linguistique qu’il existe en anglais entre « attorney » et « lawyer », affirmant pouvoir utiliser le terme « lawyer », même si ce n’est pas ce que dit le site de l’American Bar Association, comme le décrypte le journal « Le Monde ».

Katie Zacharia aurait par ailleurs republié des tweets où elle est désignée comme avocate (« attorney ») entre 2025 et 2026, indique CNN.

Acte III : l’interview difficile chez Fox News

L’animateur de Fox News, Sean Hannity, un proche de Donald Trump, ne l’a pas ménagée lors de son entretien jeudi soir. La porte-parole a été accueillie sur la chaîne conservatrice par une question, visant à revenir sur sa prestation lors de la conférence de presse de mardi : « Que s’est-il passé ? », lui a demandé son interlocuteur, rappelant que la conférence n’avait duré que quatorze minutes et qu’elle n’avait « pris que trois questions ». L’intéressée avait rétorqué avoir eu « très peu de temps de préparation », revenant sur la rapidité entre sa nomination et sa prise de fonction. S’en est suivi un interrogation sur les qualifications de la porte-parole. Même chez Fox News, Katie Zacharia n’a pas réussi a redoré son image et défendre le bilan de sa première semaine.

Finalement, la communicante a été limogée. Trop peu pour atténuer pour autant l’admiration qu’elle voue au président des Etats-Unis, sur son compte X : « Personne ne rendra jamais l’Amérique grande comme il l’a fait et continue de le faire ». Elle persiste et signe :
« Ce fut un honneur de travailler pour lui ».

Par  Service Actu