PSPP : « La plus grande ingérence du fédéral » depuis 1995
Le gouvernement Carney tente-t-il d’influencer la campagne électorale au Québec? C’est du moins ce qu’a laissé entendre le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon vendredi matin.Laissez-moi être...
Le gouvernement Carney tente-t-il d’influencer la campagne électorale au Québec? C’est du moins ce qu’a laissé entendre le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon vendredi matin.
Laissez-moi être inquiet, a intimé le chef du Parti québécois, [de] la possibilité qu'on soit devant la plus grande ingérence du fédéral dans nos affaires et notre élection depuis 1995.
Cette affirmation, lancée en réponse à la question d’un journaliste, a fait bondir les reporters présents sur place. Sur quoi se base-t-il pour dire cela? lui a-t-on demandé.
Pendant 8 ans de caquisme, le fédéral, on n'en a jamais entendu parler, puis ils ont refusé toutes les demandes de la CAQ, a-t-il étayé. Depuis quelques mois, le fédéral multiplie les annonces.
M. St-Pierre Plamondon cite en exemple l’investissement de 11 milliards $ au chantier maritime Davie, dévoilé quelques jours avant la campagne, l’entente récente entre Terre-Neuve et le Québec sur Churchill Falls (nouvelle fenêtre) ou encore l’annonce de mercredi d’un investissement de 4,7 milliards $ pour la construction de voitures de train à La Pocatière.
Le chef péquiste évoque aussi une coordination entre la campagne de Christine Fréchette et le gouvernement de Mark Carney, entre autres sur la question de la guerre tarifaire entre le Canada et les États-Unis. Le fédéral et la CAQ collaborent, a-t-il affirmé.
On ne peut pas nier que le fédéral s’intéresse au résultat de l’élection québécoise, a-t-il ajouté. Il voit qu'un parti souverainiste est en tête des sondages depuis trois ans.
Il faut faire les liens entre ça et tout d'un coup l'activation et le love-in, l'intérêt soudain du fédéral pour des questions qui n'avançaient pas pendant huit ans.
J'ai dit que je suis inquiet, et j'ai le droit de nommer cette inquiétude-là, a dit Paul St-Pierre Plamondon, talonné par les journalistes.
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Fréchette balaie l’idée du revers de la main
Absolument pas, a simplement rétorqué Christine Fréchette lorsqu’elle a été questionnée sur une possible ingérence d’Ottawa dans la campagne. Selon elle, les annonces des dernières semaines sont bonnes pour le Québec, et n’aurai[ent] pas eu lieu sous la gouverne d’un Parti québécois, a-t-elle dit.
C'est essentiel d'avoir des partenariats avec le fédéral quand c'est bon pour le Québec, puis de nous tenir debout quand il faut.
Mme Fréchette a ajouté avoir été reçue par des excuses lors de sa visite à Ottawa après son élection à la tête du gouvernement, parce qu’elle avait affirmé les responsabilités du Québec en matière de clause dérogatoire.

Christine Fréchette, cheffe de la Coalition avenir Québec
Photo : Radio-Canada / Dany Pilote
Je ne travaille pas pour Ottawa, je ne travaille pas contre Ottawa, je travaille pour le Québec, a-t-elle lancé, une formule qu’elle a plusieurs fois employée depuis le début de la campagne.
Le PQ demande au DGEQ d’enquêter, Milliard parle d’un complot
Dans sa liste des éléments inquiétants qui lui fait craindre l’ingérence du fédéral, Paul St-Pierre Plamondon a aussi insisté sur les liens entre la campagne de la CAQ et Mission Leadership Québec, qu’il a qualifié d’organisme obscur et occulte qui aurait été détourné par des gens liés au Parti libéral du Canada.
Il cite pour preuve un article récent du Journal de Montréal, qui affirmait que Mission Leadership Québec, qui s’engage à faire la promotion de l’unité canadienne, a reçu certains contrats pour organiser des événements de campagne pour l’équipe de Christine Fréchette.
Le PQ s’est d’ailleurs adressé vendredi au Directeur général des élections (DGEQ) pour lui demander d’enquêter sur les allégations d’ingérence et de contributions illégales par l’organisme Mission Leadership Québec en faveur de l’Équipe Christine Fréchette – CAQ.

Le chef libéral Charles Milliard lors d'un point de presse à Rivière-du-Loup jeudi. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / JOHN JARAMILLO
M. St-Pierre Plamondon semble y voir un complot, a réagi le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard. Mais je ne pense pas qu’il y a une grande machination derrière tout ça.
De toute façon, la CAQ aura beau s’acheter tous les consultants du monde, ils ne sont pas fédéralistes, ils sont opportunistes.
Si ça prend des consultants pour leur dire ça, tant pis pour eux, a conclu le chef libéral.
La cheffe de la CAQ a aussi été questionnée vendredi sur les liens entre sa formation politique et Mission Leadership Québec.
Écoutez, je n'analyse pas le type de gestion que font l'ensemble des organisations et entreprises avec lesquelles on a des ententes, a dit Christine Fréchette. Nous, on a un contrat [avec Mission Leadership Québec] pour organiser deux assemblées publiques, c'est tout.
On ne va pas au-delà de ça dans notre relation avec eux, c'est un contrat pour l'organisation de deux assemblées publiques. Point.