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“La paix est en péril” selon Ursula Von der Leyen

Chaque samedi Camille Vigogne Le Coat, grand reporter au Nouvel Obs, nous propose son édito politique.Cette semaine, avait lieu le grand discours sur l’état de l’union d’Ursula Von der Leyen…. Un moment importa...

Chaque samedi Camille Vigogne Le Coat, grand reporter au Nouvel Obs, nous propose son édito politique.

Cette semaine, avait lieu le grand discours sur l’état de l’union d’Ursula Von der Leyen…. Un moment important, qui chaque année pose la feuille de route politique de l’union européenne. Jeudi, la présidente de la commission a établi les principaux dangers qui nous menacent, et ils sont de taille : l’Intelligence artificielle, le réchauffement climatique, et surtout l'agression russe sur l’Europe… “La paix est en péril”, a déclaré la femme la plus puissante d’Europe, qui a proposé un conseil de sécurité élargi propre à l’UE.

Pour quelle couverture médiatique ? Pas un seul mot aux 20 heures de TF1 ou de France 2 le soir-même. Dans les journaux, à la radio, seule l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 13 ans passe le mur du son… C’est à peu près tout… et c’est inquiétant

Ce silence médiatique a-t-il des conséquences ?

Oui, les conséquences sont nombreuses, à commencer par un désintérêt criant à l’égard des questions européennes, jugées trop complexes ou trop éloignées des Français. Un comble si on pense au fait que chaque mois, l’ensemble des députés européens se déplacent chez nous, à Strasbourg, pour une semaine de vote au parlement européen.

Mais ce désintérêt prend une autre envergure, presque tragique, quand il est question des dangers d’une agression russe sur l’Europe.

Prenons juste l’exemple de cette semaine… Combien de Français savent que mercredi, un tir de fusées éclairantes, lancé par une frégate russe, a visé un hélicoptère danois ? Qui a entendu, que mercredi, toujours, deux bombardiers russes, armés de missiles, ont volé au-dessus de la mer de Norvège ?

Hier, le premier ministre polonais a sonné l’alerte, sur un risque imminent d’attaques “hybrides” russes contre les alliés de l’Ukraine, sans grand écho ici… Il annonçait pourtant un mélange d’attaques de drones, de missiles, et d’actions de déstabilisation… Vous savez ce sont ces sabotages, ces incendies criminels ou ces cyberattaques si difficiles à retracer et à endiguer… Des actes qui ne sont pas isolés, mais se répondent, s’amplifient, et trouvent dans la presse européenne une place bien supérieure à la nôtre.

C’est pour alerter sur ce danger qu’Emmanuel Macron a convoqué hier tous les chefs de partis politiques. Il s’agissait d’alerter et d’informer, dans un cadre confidentiel, sur la gravité de la menace russe et de ce qu’il appelle un “terrorisme d’Etat”...

Mais à l’issue de la réunion, c’est la question du prix de l’essence qui a occupé une très grande partie des réponses politiques, et donc de la reprise médiatique.

Un cadrage qui doit tous nous interroger, à 7 mois d’une élection présidentielle décisive, pour notre avenir et celui de l’Europe.