« La mesure laisse à désirer » : dans ce village du Var, la vente d’alcool à emporter est interdite à partir de 21 h pour limiter les perturbations nocturnes
Il y a quatre mois, la municipalité de Vinon-sur-Verdon a pris un arrêté interdisant la vente d’alcool à emporter entre 21 h et 6 h sur la commune. Une décision qui vise à lutter contre les nuisances sonores nocturnes et l’abandon de déchets, notamment sur l’avenue de la Libération. Pour autant, cer
À Vinon, l’alcool pose question. Ce mercredi 26 août, sur les coups de 10 h, André se dirige en direction du centre-ville. Pour s’y rendre, cet habitant de la rue Grande passe par l’avenue de la Libération. Si à première vue, cette voie ressemble à une petite ruelle de village peu animée, la nuit tombée c’est une tout autre histoire.
Certains riverains déplorent « une atmosphère troublée dans ce secteur de la commune » alimentée par la présence de nuisances sonores nocturnes et l’accumulation de détritus. Une situation que partage André, contrarié par la saleté. « Ce n’est pas tous les jours, mais parfois, le matin, je retrouve une rue sale. Il y a des canettes de bière et des bouteilles de vodka par terre. Malheureusement, c’est un peu devenu un coin poubelle, » regrette-t-il.
Pour répondre aux plaintes de ses administrés, le maire de Vinon, Claude Cheilan, a pris un arrêté municipal visant à interdire la vente à emporter de toutes boissons alcoolisées par les commerces de vente au détail de produits alimentaires entre 21 h et 6 h. Cette décision s’étend du 1er mai au 31 octobre 2026.
« Renforcer les contrôles de gendarmes aux abords de ces épiceries »
Un choix purement stratégique selon l’édile. « C’est en été que les risques d’ivresse augmentent car les gens sortent davantage pendant cette saison. » Pour Claude Cheilan, il s’agit aussi d’une problématique de santé et de tranquillité publique : « La plupart des gens dorment la fenêtre ouverte et le moindre bruit peut très vite dégrader et gâcher leur sommeil. »
MAHH/Var-Matin
Le maire précise également avoir déjà été interpellé auparavant par des administrés inquiets de « la présence d’adolescents ivres » sur l’espace public pendant la nuit. « Cela se termine quelques fois en rodéo urbain. Par conséquent, j’ai décidé de renforcer les contrôles de gendarmes aux abords de ces épiceries, qui ont par ailleurs compris notre démarche et accepté de coopérer », se félicite l’élu. Après quatre mois d’application, cet arrêté semble avoir convaincu Claude Cheilan qui souhaite reconduire l’opération l’année prochaine.
Une mesure efficace ?
Mais du côté des riverains, tout le monde n’est pas aussi enthousiaste. « La décision de monsieur le maire n’est pas absurde, car cela peut avoir un effet dissuasif », analyse Marco (1), habitant de Vinon-sur-Verdon. Il reste néanmoins perplexe sur son efficacité. « Si les personnes concernées sont un peu malignes, elles ont juste à acheter l’alcool avant 21 h et le consommer ensuite. C’est pour cela que je trouve que l’arrêté laisse à désirer. »
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Si la mesure ne touche que 2 épiceries sur la commune, Stéphanie (1), installée sur l’avenue de la Libération depuis 27 ans, ne comprend pas vraiment que ces commerces soient ciblés par la mesure.
« À une dizaine de mètres de chez moi, il y a une petite supérette souvent ouverte jusqu’à 1 h du matin. En soi, ce n’est pas le magasin qui pose problème, mais certains de ses clients. » Selon elle, les nuisances sonores s’accentueraient aux alentours de 22 h. « Ce sont généralement des jeunes qui arrivent en voiture. Ils s’arrêtent en plein milieu de la route et si le gérant est occupé, ils se mettent à hurler et klaxonner. Heureusement ce n’est pas tous les soirs mais ça reste cyclique. »
« Ça ne suffit pas »
L’habitante déplore aussi le manque de présence policière de jour comme de nuit. « Je ne dis pas qu’il faut faire des contrôles toutes les trente minutes mais plutôt choisir des heures stratégiques », soutient la Vinonnaise. « Pour être honnête, je ne suis pas totalement sereine lorsque je sors de chez moi. Je trouve que ce n’est plus le village paisible qu’on a connu il y a 20 ans. »
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Stéphanie regrette également l’installation d’un nouveau banc à l’intersection entre l’esplanade le Cours et l’avenue de la Libération, constatant que l’endroit « se transforme certaines nuits en lieu de squat ».
Un peu plus haut sur l’avenue de la Libération, au niveau du bureau de poste, Édouard (1), un riverain du centre-ville, est aussi inquiet pour la propreté de sa commune. « Interdire la vente d’alcool à emporter à partir d’une certaine heure, c’est une bonne idée mais je pense que ça ne suffit pas. Personnellement, j’ai du mal à trouver un endroit propre pour promener mon chien », lance-t-il. Ce dernier déplore aussi « des poubelles souvent débordantes et rarement vidées ». « Je pense que tous les habitants du village devraient se sentir concernés par l’hygiène de nos rues. C’est surtout une question de mentalité », conclut-il.
1. Ces personnes souhaitent conserver leur anonymat, leur nom a été modifié.