La Louvière : La Spaque prépare l’assainissement d’une friche sur l’ancien site Duferco, sans oublier… les batraciens !
Sur l'ancien site industriel Duferco à La Louvière, les bulldozers ne sont pas encore à l'œuvre que certains habitants ont déjà reçu leur petit dispositif de protection. Crapauds calamites, grenouilles, lézards...
Sur l'ancien site industriel Duferco à La Louvière, les bulldozers ne sont pas encore à l'œuvre que certains habitants ont déjà reçu leur petit dispositif de protection. Crapauds calamites, grenouilles, lézards des murailles et même un étonnant criquet à ailes bleues : la biodiversité a pris ses quartiers sur cette friche de 25 ha occupée jadis par les usines Gustave Boël et que la Spaque va dépolluer.
Ces dernières semaines, 200 mètres de clôtures basses ont été installés afin d'empêcher les batraciens de rejoindre la future zone de chantier. Le dispositif restera en place pendant toute la durée des travaux.
La Spaque ne compte d'ailleurs pas s'arrêter là. En concertation avec le Département de la Nature et des Forêts (DNF) du SPW, des aménagements supplémentaires sont prévus au printemps prochain : tas de pierres, de bois et de sable, ainsi que des mares artificielles temporaires. De quoi offrir aux différentes espèces des refuges et des zones favorables pendant la transformation du terrain.
Le Taser débarque au sein des unités spéciales de La Louvière : "Entre l'arme à feu et le spray à poivre, il y avait un vide"Car les batraciens ne sont pas les seuls à bénéficier de ces attentions. L'œdipe turquoise, un criquet à ailes bleues, profitera notamment des tas de sable et d'une future prairie sèche. Quant au lézard des murailles, il pourra trouver refuge dans les tas de pierres. Bref, sur cette ancienne terre d'acier, la faune locale n'a pas été priée de plier bagage.
En parallèle de ces mesures environnementales, la Spaque poursuit le travail moins visible, mais indispensable, sur les 25 hectares dont elle a la charge. Une nouvelle campagne d'investigations des sols et des eaux souterraines vient d'être menée.
Au total, 76 forages ont été réalisés, à des profondeurs comprises entre 1,5 et 15 mètres. Dix ont été équipés de piézomètres pour surveiller les eaux souterraines et neuf de piézairs afin de suivre la qualité de l'air. Ces données doivent permettre de préciser le projet d'assainissement avant la réhabilitation du terrain.
L'objectif, à terme, est de valoriser ces 25 hectares en vue d'une extension du parc d'activités économiques existant, avec l'intercommunale IDEA appelée à intervenir pour leur développement.
Ces opérations s'inscrivent dans la reconversion beaucoup plus vaste de l'ancien site sidérurgique. Après l'arrêt définitif des activités en 2013 et des années d'abandon, les 120 hectares sont appelés à connaître plusieurs destins.
Le château et le parc Boël sont progressivement appelés à retrouver une nouvelle vie sous l'impulsion de la Ville de La Louvière, qui a conclu leur rachat avec Duferco. Une partie du site reste, elle, destinée à des activités économiques et énergétiques.