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Enquête pour tortures : Israël accusé par la justice française

Publié21. juillet 2026, 18:28FranceLa justice ouvre une enquête pour tortures contre l'État d'IsraëlLe parquet national antiterroriste (Pnat) s'intéresse aux mauvais traitements présumés infligés à deux personn...

Publié21. juillet 2026, 18:28

FranceLa justice ouvre une enquête pour tortures contre l'État d'Israël

Le parquet national antiterroriste (Pnat) s'intéresse aux mauvais traitements présumés infligés à deux personnes participant à la «Flottille pour Gaza».

Agence France-Presse

Les activistes de la Flotilles ont fait l'objet d'arrestations musclées de la part des autorités israéliennes.

Les activistes de la Flotilles ont fait l'objet d'arrestations musclées de la part des autorités israéliennes.AFP

Le parquet national antiterroriste (Pnat) a ouvert en France une enquête pour tortures concernant le traitement réservé par les autorités israéliennes à deux personnes, dont la députée Insoumise Marie Mesmeur, à bord d’une «flottille pour Gaza», interceptée en octobre 2025.

«Je salue l’ouverture de cette enquête par le Pnat et j’espère qu’elle va faire toute la lumière sur les actes commis par l’État d’Israël, notamment en prison», réagit, auprès de l’AFP, l’élue LFI d’Ille-et-Vilaine, qui assure avoir passé quatre jours détenue en Israël, après près de 24 heures retenue sur le bateau.

L’enquête préliminaire a été ouverte le 1er juillet «à la suite des plaintes de deux personnes ayant pris part à une flottille pour Gaza en octobre 2025», a souligné le Pnat, qui comprend un pôle crimes contre l’humanité. Les investigations ont été confiées à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH) et l’enquête ouverte «du chef de tortures au sens de la convention de New York» du 10 décembre 1984, a précisé cette source, pour des faits présumés «entre le 1er octobre et le 7 octobre 2025».

Privations «de nourriture, d’eau, de soins»

Une autre enquête préliminaire a été ouverte début juin, pour tortures et crimes de guerre, suite à un signalement du Quai d’Orsay sur la manière dont des Français d’une autre «flottille pour Gaza» avaient été traités, en mai dernier, par Israël. Itamar Ben Gvir, ministre israélien d’extrême droite, avait alors publié une vidéo de militants de cette flottille, agenouillés et mains liées, déclenchant un tollé international. Il a été interdit de séjour en France et en Irlande fin mai.

La députée Marie Mesmeur assure à l’AFP avoir vécu une situation similaire. «Ben Gvir était aussi venu en nous insultant de terroristes, de tueurs d’enfants», affirme-t-elle. Elle décrit des jours passés en détention, avec des privations «de nourriture, d’eau, de soins», ou encore une «banderole énorme» devant sa cellule avec une photo de «Gaza rasé», accompagnée d’une légende en arabe stipulant «Nouveau Gaza».

Un écran projetait aussi, dans la cour de la prison, «des images et de la musique en continue» de ce qu’elle et les autres détenues pensaient être l’attaque du Hamas sur le sud d’Israël le 7 octobre 2023, poursuit-elle. L’élue Insoumise assure être allée porter plainte le «jour même» de son retour en France avec «des traces partout sur (s)on corps».

Côte fêlée, hématomes

Marie Mesmeur affirme avoir essayé de «protéger» une autre détenue et avoir «reçu plusieurs coups» qui ne lui étaient «pas destinés normalement». «J’ai eu 10 jours d’ITT (incapacité totale de travail, ndlr) à cause d’une côte fêlée et des bleus, des hématomes» notamment, «du fait des agissements des gardiens israéliens», décrit-elle.

«Les crimes dont a été victime Marie Mesmeur sont graves et ne doivent pas rester impunis. Elle a été arrêtée en haute mer et conduite en Israël où elle a été emprisonnée de façon parfaitement illégale», a souligné auprès de l’AFP son avocat, Me Raphaël Kempf, qui demande la désignation d’un juge d’instruction.

Les autorités militaires et pénitentiaires israéliennes ont rejeté ces accusations. L’Italie a ouvert une enquête similaire à celle du parquet antiterroriste en France, tandis que l’Australie annonçait une enquête indépendante. En France, les plaignants demandent à la justice d’enquêter sur les auteurs de ces violences, en remontant la chaîne des responsabilités: sont notamment cités le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ou son ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir.

(les/rk)

Agence France-Presse

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