“La journée démarre à cinq heures pour des tournées qui vont de 4 à 8 heures” : dans la peau des éboueurs qui ramassent les ordures ménagères à Montauban
Du lundi au vendredi, les éboueurs du groupe Suez opèrent l'enlèvement des déchets des habitants du Grand Montauban (Tarn-et-Garonne). La Dépêche a embarqué avec l'un d'entre eux, Anton Lechat, pour une tournée dans le quartier de Villebourbon.
l'essentiel Du lundi au vendredi, les éboueurs du groupe Suez opèrent l'enlèvement des déchets des habitants du Grand Montauban (Tarn-et-Garonne). La Dépêche a embarqué avec l'un d'entre eux, Anton Lechat, pour une tournée dans le quartier de Villebourbon.
Le jour n'est pas encore levé, lundi 5 octobre, lorsqu'Anton Lechat arrive au travail. Comme tous les jours, il est 5 h 30 : c'est l'heure de l'embauche après un petit café, histoire de continuer à se réveiller. Après la dernière gorgée avalée, il est temps de se changer.
Tenue de service orange réfléchissante, pantalon et chaussures de sécurité aux pieds, il est désormais prêt à faire sa tournée. Car Anton travaille comme éboueur chez Suez. L'entreprise possède le contrat de gestion des déchets du Grand Montauban communauté d'agglomération (GMCA). Son siège est implanté route d'Albefeuille-Lagarde.
"La tournée la plus courte n'est pas forcément la plus légère"
Une fois assurés que toutes les commandes de son camion fonctionnent, le chauffeur et son coéquipier rippeur prennent la route pour une journée de ramassage des ordures ménagères dans le quartier Villebourbon, à l'ouest de la cité d'Ingres.
Après presque trois heures de travail non stop, ils s'accordent une pause café et vident leur poids lourd. "La tournée que nous faisons aujourd'hui est la moins longue, relève Anton. Elle doit durer 4 heures environ. Mais les plus courtes ne sont pas forcément les plus légères", nuance l'éboueur, qui fait partie de l'équipe du matin.
Un rituel parfaitement huilé
Lorsque La Dépêche rejoint les deux hommes, il ne leur reste plus que l'avenue Aristide-Briand, l'artère principale du quartier Villebourbon, et quelques rues perpendiculaires à visiter. Le rituel est parfaitement huilé. Le conducteur s'arrête, le ripeur descend du marchepied de collecte à droite, côté trottoir, va chercher le conteneur qui se trouve de son côté de la rue. Il l'accroche au bras du camion qui le lève via une commande placée à l'arrière. Une fois le contenu vidé, le ripeur fait descendre la poubelle et la replace sur le trottoir.
Pendant cette manœuvre, un bouclier permet de faire reculer les ordures qui sont ensuite compactées à l'intérieur du fourgon. Quand le camion est plein, les éboueurs vont le vider pour que les déchets partent en direction de l'usine d'incinération Mo'UVE.
Lorsqu'il s'agit d'une tournée de collectes de tri sélectif (les poubelles jaunes), les éboueurs déchargent sur un quai à la déchèterie ÉcoSud - également gérée par Suez -, pour que les emballages soient ensuite envoyés à la Drimm, à Montech.
Des arrêts fréquents malgré la circulation
À 8 heures du matin, la circulation est encore intense dans le quartier Villebourbon, pour les voitures qui roulent en direction de Montbeton ou les travailleurs qui arrivent dans la cité d'Ingres. Les arrêts fréquents du camion créent quelques ralentissements, sous le regard pas vraiment surpris des clients du café Le Marignan, qui donne sur la place Lalaque.
La plupart des automobilistes respectent le travail des éboueurs. Mais certains, trop pressés pour attendre quelques minutes, décident de doubler parfois plusieurs véhicules en même temps pour se libérer de la contrainte.
Un chauffeur et un ripeur par tournée
"C'est la raison pour laquelle sur ce genre de tournées, il n'y a qu'un seul ripeur et que les camions font des allers-retours, illustre Yves Coppin, directeur d'agence Suez des collectivités en Midi-Pyrénées. On ne veut pas que nos agents traversent une voie comme celle-ci. Il n'y a qu'en sens unique où on les y autorise", insiste M. Coppin.
Lorsque le jour n'est pas encore levé, la sécurité est la plus grande priorité. "On adapte les conditions d'éclairage et de visibilité. Il y a des halos lumineux projetés à l'arrière du camion pour délimiter l'espace dans lequel la voiture a interdiction d'entrer, pour éviter de mettre en danger le ripeur", détaille le directeur. Outre la combinaison réfléchissante, les salariés de Suez portent un casque de vélo.
Un casque devenu obligatoire
"Nous avons mis cette mesure en place il y a une dizaine d'années parce que nous nous sommes rendus compte qu'il y avait régulièrement des accidents, notamment des chutes, avec des blessures à la tête, détaille Yves Coppin. Le port du casque a sensiblement fait baisser les accidents avec des lésions à la tête."
Anton, lui, reste en majorité à son poste de pilotage. Mais dans la rue de Palisse, à 8 h 47, il descend de l'habitacle pour donner un coup de main à son collègue. Un gros conteneur est à vider. "Ça permet d'aller plus vite et de soulager un peu mon coéquipier", note le chauffeur.
33 tournées de 450 bacs par semaine
Sitôt leur tournée terminée, Anton et son ripeur rentrent au dépôt pour nettoyer le camion, qu'ils sont censés partager avec d'autres salariés. Le conducteur fait enfin un débriefing sur les éventuelles difficultés rencontrées durant leur trajet. Un moment d'échange qui permet d'ajuster aussi la distribution de conteneurs s'ils sont trop endommagés par exemple.
Vers 12 heures, les deux équipiers voient leur journée se terminer. Leurs collègues prendront le relais sur les tournées débutant à 14 heures et 18 heures. Au total, les 45 salariés du site Suez de Montauban assurent 33 tournées d'ordures ménagères où ils ramassent en moyenne 450 bacs. Un travail la plupart du temps invisible mais indispensable pour garder une ville propre.