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Reportage international - La guerre d’Israël à Gaza détruit les familles, certains camps sont réservés aux veuves

À Gaza, un foyer sur quatre est aujourd’hui dirigé par une femme seule, car les maris sont morts, disparus ou détenus par Israël. C’est deux fois plus qu’il y a trois ans, avant la guerre menée par Israël sur la bande de Gaza. Selon ces chiffres révélés par l’ONU début septembre, plus de 86 000 femmes se retrouvent seules pour subvenir à leurs besoins et élever leurs enfants. Certains camps de déplacés à Gaza sont réservés aux veuves.

À Gaza, un foyer sur quatre est aujourd’hui dirigé par une femme seule, car les maris sont morts, disparus ou détenus par Israël. C’est deux fois plus qu’il y a trois ans, avant la guerre menée par Israël sur la bande de Gaza. Selon ces chiffres révélés par l’ONU début septembre, plus de 86 000 femmes se retrouvent seules pour subvenir à leurs besoins et élever leurs enfants. Certains camps de déplacés à Gaza sont réservés aux veuves.

De nos correspondants dans la bande de Gaza et à Jérusalem,

Le visage de Fatma, entouré d’un voile sombre, est marqué par la fatigue. Elle soulève une couverture tendue et montre l’intérieur de sa tente. Des morceaux de plastique couvrent le sol. Cette Palestinienne de 35 ans, déplacée par la guerre, vit dans un camp réservé aux veuves, près de Mawasi. Mère de 5 enfants, elle a les larmes qui lui montent aux yeux lorsqu’elle parle du petit dernier, Rakan, 3 ans : il est né peu de temps avant la mort de son père. « Récemment je suis allée rendre visite à ma sœur et son mari, Rakan s’est assis sur les genoux de son oncle, il s’est mis à jouer avec sa barbe, il la caressait, raconte-t-elle, j’ai senti qu’il était ému, qu’il ressentait le manque, la perte de son père. Ce jour-là, j’ai pleuré. Pour un enfant, apprendre à parler, c’est commencer par dire le mot papa. Mon fils Rakan n’a pas encore dit ce mot jusqu’à présent. »

Les enfants d’Amna, sa voisine, sont plus âgés. Suffisamment en tout cas pour se souvenir du rôle de leur père au sein du foyer. « C’est mon mari qui s’occupait de tout pour les enfants : il leur achetait des vêtements, il subvenait à leurs besoins. C’est lui qui faisait les courses, témoigne Amna. Maintenant, c’est moi qui m’en charge. Aujourd’hui, c’est moi la responsable. Je suis responsable d’eux et de moi-même. Et je ne sais pas comment m’occuper d’eux, ni de moi, ni comment faire face à toutes les difficultés de la vie. »

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Un habitat précaire

Les difficultés que mentionne Amna sont notamment financières. Elle a trois garçons, dont deux adolescents. « Pour Mohamed et Youssef, je ne touche plus rien. Je reçois une aide uniquement pour Adam, il a 9 ans. C’est pour lui que je perçois des allocations, explique-t-elle. À peu près 500 shekels par mois, parfois, en plus on reçoit des colis alimentaires. Aujourd’hui, c’est la distribution de pain. Dieu n’oublie personne. »

Dans ce camp, 150 bénévoles viennent en aide à ces veuves. Mais comme ailleurs, l’habitat est précaire et les femmes seules sont plus vulnérables face à d’éventuels abus. Islam explique avec pudeur qu’elle essaie de se protéger avec sa fille de 16 ans. « Elle allait souvent au village d'Al-Wafaa, un type a essayé de s’en prendre à elle et s’est mis à la suivre, raconte-t-elle. Ma fille s'est mise à courir à toute vitesse. Elle est venue de la ville jusqu'à chez moi, et quand elle est arrivée, elle était toute essoufflée, le visage tout pâle. Après cette affaire, il s’est raconté des choses, sur elle et sur moi. Une personne l'accuse d'avoir perdu son honneur en chemin. » Islam a décidé de régler deux problèmes en même temps : sa sécurité physique et financière : désormais, elle travaille comme employée pour surveiller l’entrée du camp des veuves.

« Depuis le cessez-le-feu d'octobre 2025, six femmes et filles continuent d’être tuées chaque semaine à Gaza. Dans le même temps, une famille sur quatre est désormais dirigée par une femme, soit deux fois plus qu’avant la guerre. Veuves, épouses de disparus, de détenus ou de blessés, elles doivent assurer seules la survie de leur famille dans un territoire dévasté », le rapport de l'ONU sur les conséquences de la guerre d'Israël à Gaza sur les femmes gazaouies est à retrouver ici. 

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