La France et les États-Unis s’écharpent au Conseil de sécurité de l’ONU
Les États-Unis ont quitté, lundi, une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU pour, selon eux, dénoncer des commentaires "hypocrites" de la France. Paris a comparé Washington à la Corée du Nord et à la Russie au sujet d'un vote lié aux droits humains, selon un représentant américain.
Tension à l'ONU entre Washington et Paris. Les États-Unis ont quitté, lundi 27 juillet, une réunion du Conseil de sécurité lorsque l'ambassadeur français a pris la parole. Ce procédé visait, selon un représentant américain, à dénoncer des commentaires "hypocrites" de la France qui a comparé les États-Unis à la Corée du Nord et à la Russie au sujet d'un vote lié aux droits humains.
"Un membre de ce Conseil joue l'indignation morale et prétend donner des leçons à tout le monde sur tous les sujets, que ce soit concernant le conflit dont nous discutons encore aujourd'hui (l'Ukraine, NDLR), ou des questions non liées à la paix et la sécurité, comme les droits humains. C'est pour cela que nous sommes sortis lors de l'intervention de la France", a déclaré Dan Negrea, ambassadeur américain adjoint.
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Une telle sortie du Conseil est extrêmement rare. Il a dénoncé une "posture hypocrite lassante" de Paris que Washington avait jusque-là "tolérée" en raison du respect entre les membres permanents du Conseil.
Vendredi, les États-Unis avaient été l'un des dix pays à voter à l'Assemblée générale contre le renouvellement pour quatre ans du mandat du Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Volker Türk, en compagnie notamment de la Corée du Nord, de la Russie, du Nicaragua, du Mali.
Washington dénonce des "divagations politisées" de Paris
"Les États-Unis étaient autrefois un modèle en matière de droits humains. Ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, ils se retrouvent aux côtés de la Corée du Nord, du Nicaragua, du Mali et de la Russie. Isolés. Et le monde ne les écoute plus", avait alors posté sur X, en anglais, la mission de la France auprès des Nations unies à Genève.
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"Nous nous sommes tenus aux côtés de cet État membre lors de chaque conflit qui menaçait ses libertés. Et aujourd'hui, je veux leur rappeler que les États-Unis restent le modèle de la liberté dans le monde", a insisté Dan Negrea. "Par conséquent, nous ne leur accorderons pas le privilège d'écouter leurs divagations politisées tant qu'ils ne renonceront pas à leur rhétorique condescendante et irrespectueuse, et qu'ils ne se comporteront pas d'une manière digne".
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"Nous fêtons cette année le 250e anniversaire des États-Unis. Et chacun sait la place que la France y a pris", a répondu l'ambassadeur français Jérôme Bonnafont.
Il a également assuré que la France travaillait à l'ONU, que ce soit au Conseil ou à l'Assemblée générale, "pour préserver cette institution, son indépendance, sa capacité d'action au service de la charte, au service des droits de l'Homme, et au service de la paix".
Avec AFP