La Foire du Midi contribue à faire vivre plus de cent familles de forains belges
Après 146 ans d'existence, la Foire du Midi permet à plus de cent familles (soit près de 400 personnes) de travailler le temps de l'événement sur le Boulevard du Midi. Selon le cabinet de Didier Wauters (Les En...
Après 146 ans d'existence, la Foire du Midi permet à plus de cent familles (soit près de 400 personnes) de travailler le temps de l'événement sur le Boulevard du Midi. Selon le cabinet de Didier Wauters (Les Engagés), échevin bruxellois des Affaires Économiques, la quasi-totalité de ces familles sont belges, "à l'exception notamment des propriétaires de la grande roue, qui sont français." Cet événement, qui réunit généralement entre 900 000 et 1,1 million de visiteurs chaque année, est donc d'une grande importance pour le secteur forain de notre pays.
Une question de survie
"Les forains qui ont de petites attractions peuvent aller sur les kermesses locales, mais ce n'est pas le cas des forains avec de grandes attractions. Un emplacement sur un événement comme la Foire du Midi est donc vital. Sans emplacement, on n'a rien", constate à cet égard Patrick De Corte, président de l'Union professionnelle des forains bruxellois, qui regrette que le marché soit très fermé. "C'est compliqué de trouver des emplacements dans d'autres zones."
Les forains belges alertent sur "une explosion des coûts"Sur le site de la Foire du Midi, entre 120 et 150 emplacements sont distribués chaque année. Pour cette édition, 123 emplacements sont prévus. Les forains doivent postuler auprès de la ville pour l'achat d'un emplacement valable pour une édition de la foire. "Le prix des emplacements revient à plus qu'un loyer fixe", confie un forain, qui refuse toutefois de partager le montant de celui-ci.
La ville de Bruxelles précise néanmoins que ce prix varie d'année en année et d'une place à l'autre. "Chaque emplacement a, par exemple, sa catégorisation : Horeca, parcours enfantin, grandes attractions, casino…", complète le cabinet de l'échevin. Le coût peut dès lors atteindre un prix de base de 20 000 euros pour une grande attraction mécanique. Ceci sans compter le prix de l'électricité et l'eau, ainsi qu'une participation de 200 euros imposée par la ville à tous les forains pour la promotion de l'événement.
Si certains gros acteurs du secteur comme la famille De Corte semblent s'y retrouver. Ce n'est pas le cas de tous les forains. L'association belge des forains VBF-DFB alertait en février dernier les gouvernements belges sur "l'explosion des coûts en raison de l'augmentation des droits d'étalage et d'une hausse éventuelle de la TVA", notamment. Elle appelait les villes et les communes, les différentes Régions et le gouvernement belge à contribuer à la préservation de la culture foraine, reconnue depuis 2024 par l'Unesco comme patrimoine culturel immatériel de l'humanité.
Manèges féeriques au Festival de ChassepierreguillementAvec le chantier du métro 3, certaines attractions ont dû être déplacées là où les riverains n'ont pas l'habitude de tels événements."
Conflits de voisinage
Au-delà de l'aspect pécuniaire, la Foire du Midi impose d'autres difficultés aux forains. Sur le Boulevard du Midi, plusieurs forains déplorent ainsi l'ambiance taciturne qui règne entre eux et certains riverains. "Il s'agit souvent des nouveaux arrivants, qui emménagent dans le quartier et sont gênés par le bruit et l'animation qui découle de la foire", explique une foraine. Le cabinet de Didier Wauters concède quelques frictions entre les deux camps. "Avec le chantier du métro 3, certaines attractions ont dû être déplacées là où les riverains n'ont pas l'habitude de tels événements. Nous entretenons le dialogue avec les forains et les riverains. Mais nous devons dire que leurs visions sont drastiquement opposées."
"Un veau n'est ni une toile, ni un décor, ni un accessoire d'animation" : des enfants invités à peindre les animaux à la Foire de LibramontPour apaiser certains débats, la ville poursuit la mise à jour de ses réglementations. Cette année, par exemple, elle a décidé de serrer la vis concernant les nuisances sonores. "Nous avons instauré cette année de nouvelles règles concernant les décibels sur le son amplifié. Il s'agit de ne pas dépasser 90 db en journée et 75 db après 22 h, avec la musique notamment. Cela a été décidé en concertation avec les riverains et sous les conseils de Bruxelles Environnement", explique le cabinet de l'échevin bruxellois. Ce qui n'est pas pour ravir les forains. "Au fil des ans, on nous impose toujours plus de règles. C'est fatigant. On aimerait que certains riverains comprennent que c'est important de préserver notre folklore", confie l'un d'eux.
La vie mouvementée des forains : "On est déjà parti avant que les gens ne se lassent"Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.