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La famille de Yaro effondrée par le chagrin après son décès: “Sur son lit de mort, je lui ai promis d’être sa voix”

“Quand je lui ai chuchoté sur son lit de mort à quel point je l’aimais, il a ouvert un œil. Était-ce un signe? Je l’ignore. C’est en tout cas une image que je n’oublierai jamais”, confie Claudine Deschacht, les larmes aux yeux. Ce jeudi soir, elle a dû dire adieu à son petit-fils Yaro, un jeune homme de 19 ans originaire d’Oudenburg (Flandre-Occidentale), exactement 123 jours après une violente bagarre qui l’avait plongé dans le coma.

Yaro a été grièvement blessé dans le hall d’entrée de cet appartement à Oudenburg. À gauche: Yaro et sa grand-mère Claudine. © Benny Proot

“Quand je lui ai chuchoté sur son lit de mort à quel point je l’aimais, il a ouvert un œil. Était-ce un signe? Je l’ignore. C’est en tout cas une image que je n’oublierai jamais”, confie Claudine Deschacht, les larmes aux yeux. Ce jeudi soir, elle a dû dire adieu à son petit-fils Yaro, un jeune homme de 19 ans originaire d’Oudenburg (Flandre-Occidentale), exactement 123 jours après une violente bagarre qui l’avait plongé dans le coma.

Mathias Mariën, Martin Ducrotois

Source: Het Laatste Nieuws

7 août 2026, 13:28

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“Excusez-moi si je n’arrive pas à parler. C’est tellement difficile. Prendre conscience que Yaro n’est plus là. Que nous l’avons perdu pour toujours... C’est inconcevable.” Claudine Deschacht s’exprime la gorge nouée. Quelques instants plus tard, des larmes coulent sur son visage. Mais malgré la douleur, cette femme tient à parler de son petit-fils. Parce qu’après sa disparition, elle veut devenir la voix de Yaro. “C’est la promesse que je lui ai faite sur son lit de mort”, explique la grand-mère.

Grièvement blessé dans le hall d'entrée

La nuit du 3 au 4 avril, Yaro a été grièvement blessé lors d’une altercation dans les rues de Gand. L’adolescent a reçu un coup violent à la tempe, asséné par ce qui semble être un joueur de rugby britannique. Ce dernier a pris la fuite avant d’être identifié peu après. Ce qui rend l’histoire encore plus tragique, c’est que les amis de Yaro n’ont pas appelé d’ambulance. Ils ont erré dans Gand avec lui, croisant même un véhicule de police à côté duquel ils ont soutenu Yaro pour le maintenir debout, avant de ramener le jeune homme la nuit même de Gand jusqu’à l’appartement de sa mère à Oudenburg. Là, ils l’ont abandonné grièvement blessé dans le hall d’entrée, prenant même le temps de filmer Yaro étendu immobile sur le sol.

Ce n’est que plusieurs heures plus tard que le jeune homme a été découvert et transporté à l’hôpital dans un état critique. Il y a succombé à ses blessures ce jeudi soir. Les amis de Yaro sont soupçonnés de non-assistance à personne en danger, mais ont été remis en liberté sous conditions.

Les amis de Yaro sont soupçonnés de négligence, mais ont été libérés sous conditions. © Photo News

“Chaque jour, nous étions au chevet de son lit d’hôpital. Pendant 123 jours, à espérer de bonnes nouvelles”, poursuit Claudine, la gorge serrée. “Plus le temps passait, plus nous comprenions que ce serait difficile. Et pourtant... On ne veut pas renoncer à un enfant ou un petit-enfant. Yaro s’est battu. Mais il ne s’est jamais réveillé. Je suis pourtant certaine que notre garçon savait que nous étions dans la chambre. Son rythme cardiaque se calmait. Et on avait souvent l’impression qu’il fixait la porte, en attendant qu’on entre.”

L’incompréhension

Au chagrin de Claudine s’ajoute la colère. Une colère face à l’absence d’intervention cette nuit-là. “Pourquoi personne ne lui est venu en aide? Pourquoi personne n’a appelé les secours? Ce coup et tout ce qui a suivi ont bouleversé nos vies à jamais. Nous avons perdu Yaro. Pour toujours. Nous ne comprendrons jamais pourquoi. Je ne cesserai de le répéter: si les secours avaient été appelés plus tôt, nous n’en serions jamais arrivés là. Et Yaro serait probablement de nouveau parmi nous.”

Claudine, la grand-mère de Yarno, raconte son histoire. © VTM NIEUWS

Le souhait de la famille est désormais que justice soit faite. Que les personnes impliquées soient punies pour leur responsabilité dans le décès de Yaro. “Sur son lit de mort, je lui ai promis d’être sa voix. Yaro ne peut plus se défendre seul, mais soyez sûrs que moi, je le ferai. Entendre par la suite certaines versions sous-entendant que c’était de sa faute... C’est terrible à vivre dans un moment pareil. C’est mon devoir de me battre pour lui. Nous ne voulons plus rien avoir à faire avec ces soi-disant amis.”

Un boute-en-train

En attendant, la famille tente de se raccrocher aux nombreux souvenirs heureux. “C’était un tel boute-en-train. Yaro avait du mal à rester en place, il fallait toujours qu’il s’occupe. Enfant, il aimait venir jouer près de notre magasin de fleurs à Roksem. Dans les champs, à s’amuser avec son cousin. Ils ont grandi ensemble et se plaisaient tant au milieu des fleurs et des tracteurs. Combien de fois Yaro a-t-il voulu conduire le tracteur lui-même!”

“Malheureusement, Yaro aura 19 ans pour l’éternité. Ces derniers moments avec lui ont été tellement durs.”

Claudine,Grand-mère de Yaro

“J’essaie de me raccrocher à ces beaux moments. L’espoir qu’il s’en sorte s’est aujourd’hui totalement envolé. Y avons-nous vraiement cru? D’une certaine manière, oui. On se disait: ‘Yaro est toujours là et il n’est pas en état de mort cérébrale’. Mais en même temps, nous avions la peur au ventre chaque jour en entrant dans la chambre. ‘Qu’est-ce qu’on va nous annoncer cette fois?’ Le 7 juillet — je n’oublierai jamais cette date —, nous avons eu un entretien avec le neurologue. Je pensais qu’on allait nous dire qu’il n’y avait plus d’espoir. Qu’ils abandonnaient. Mais non, les médecins nous ont dit espérer un signe de progrès pendant son coma. Automatiquement, l’espoir renaît.”

Yaro a été laissé dans un appartement à Oudenburg après une bagarre à Gand. © HLN

Un œil ouvert

Jusqu’à ce que tombe la terrible nouvelle cette semaine: les médecins ont décidé d’arrêter les traitements. Le jeune homme a contracté de nouvelles infections, une cystite et une pneumonie. Soudain, les mots que la famille redoutait depuis des mois ont été prononcés: on ne pouvait plus rien faire. “Au-delà des infections, il n’y avait aucun progrès. Les lésions cérébrales étaient bien trop importantes”, explique Claudine. “Le personnel soignant a tout fait pour aider notre garçon. Nous leur en sommes très reconnaissants. Malheureusement, Yaro aura 19 ans pour l’éternité. Ces derniers moments avec lui ont été tellement durs. Nous avons pu lui dire au revoir. ‘Je t’aime tellement, mon grand’, lui ai-je dit. Et il a ouvert un œil. Il m’a regardée droit dans les yeux... Comme s’il me comprenait et voulait me donner un dernier signe. Était-ce conscient? Je ne sais pas. C’est en tout cas une image que je n’oublierai jamais.”

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