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La droite et l’extrême droite font de Charles Sapin un martyr après son départ de France Inter

Le directeur adjoint de la rédaction de « Valeurs actuelles » a annoncé ce samedi qu’il ne sera plus à l’antenne de la radio du service public. Par Vincent Gibert avec AFP ...

Le directeur adjoint de la rédaction de « Valeurs actuelles » a annoncé ce samedi qu’il ne sera plus à l’antenne de la radio du service public.

Par Vincent Gibert avec AFP

Marine Le Pen, ici lors d’une visite à Pomas (Aude), le 18 septembre 2026.

IDRISS BIGOU-GILLES / Hans Lucas via AFP

Marine Le Pen, ici lors d’une visite à Pomas (Aude), le 18 septembre 2026.

Après deux éditos sur France Inter et autant de journées de grève contre son arrivée, Charles Sapin a refusé la proposition de transformer en débat ce rendez-vous et ne sera plus à l’antenne.

Depuis fin août, le personnel du groupe public s’opposait au recrutement du directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, arguant que ce magazine, qui se revendique conservateur, porte des idées d’extrême droite et a été condamné en justice, notamment pour injure publique à caractère raciste.

Ce samedi, Charles Sapin a annoncé sur X avoir décliné la proposition de la direction de Radio France de faire évoluer cet édito politique de 2 minutes 30 le dimanche matin - deux numéros ont déjà été diffusés - en un débat contradictoire.

Sur l’échiquier politique, des pointures de la droite et l’extrême droite ont rapidement volé au secours du journaliste, réagissant sur les réseaux sociaux tout au long de la journée.

« À France Inter, la foule a gagné, un individu a perdu. Et la liberté de débattre meurt. Soutien à Charles Sapin », a commenté Bruno Le Maire (Renaissance).

« Toute cette histoire, tout ce “petit théâtre antifasciste” pourrait presque être risible s’il n’était pas financé par les impôts des Français », a réagi Bruno Retailleau, candidat LR à l’élection présidentielle.

Une « chasse à l’homme odieuse » pour Marine Le Pen

« En cédant à la chasse à l’homme odieuse menée par la gauche contre Charles Sapin, la direction de France Inter confirme sa soumission aux pires groupuscules ainsi que la lâcheté dont elle avait déjà fait preuve face aux insultes proférées contre Jean-Philippe Tanguy parmi tant d’autres scandales », a déploré Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national pour 2027.

Pour le président du RN Jordan Bardella, « cette affaire illustre la dérive autoritaire d’une gauche qui considère le service public comme sa propriété privée, qui n’accepte pas le débat d’idées », a-t-il dit sur X. « La Maison de la Radio a été privatisée par la gauche qui déteste la démocratie, qui n’aime pas le pluralisme », a-t-il ajouté lors d’un déplacement dans l’Oise.

« Charles Sapin et le pluralisme ont finalement été sacrifiés par la direction de Radio France. J’apporte tout mon soutien à ce courageux journaliste. La preuve est faite qu’AUCUN journaliste, qui n’est pas gauchiste, ne peut s’exprimer sur la radio de service public financée par TOUS les Français. Cette dérive insupportable doit s’arrêter au plus vite », a de son côté écrit sur X Éric Ciotti (UDR).

« Un bel exercice de victimisation, qui esquive la question centrale : le directeur de rédaction adjoint d’un journal condamné pour incitation à la haine raciale a-t-il sa place sur le service public ? La réponse est évidemment non », a pour sa part commenté le coordinateur de LFI Manuel Bompard. Selon lui, « cela n’a rien à voir avec le pluralisme » car « il existe heureusement des éditorialistes de droite en dehors de “Valeurs actuelles” ».