thejournalofsierraleonestudies.com

La DJ Barbara Butch va porter plainte contre LFI et l’extrême droite: “La violence est une infraction”

Cinq jours après l’interruption de son concert à Grenoble, la DJ Barbara Butch dépose jeudi plusieurs plaintes, notamment pour provocation à la haine et à la violence, contre La France insoumise, déjà critiquée par une immense majorité de la classe politique.

Cinq jours après l’interruption de son concert à Grenoble, la DJ Barbara Butch dépose jeudi plusieurs plaintes, notamment pour provocation à la haine et à la violence, contre La France insoumise, déjà critiquée par une immense majorité de la classe politique.

Kevin Dupont

Source: AFP

23 juillet 2026, 13:23

Ajoutez-nous à vos favoris Google

“Le débat est une liberté ; la violence est une infraction”, a tancé son avocate Audrey Msellati en annonçant à l’AFP le dépôt de plaintes, à Grenoble et Paris, visant “notamment le mouvement de La France insoumise, certains de ses élus et représentants locaux, ainsi que le média d’extrême droite Omerta et l’essayiste Alain Soral”.

Des accusations rejetées par les mis en cause

Samedi soir, dans la ville iséroise, le concert de l’artiste juive de 45 ans avait été interrompu au bout d’une vingtaine de minutes, en raison d’une action de militants propalestiniens et LFI. Ils répondaient à un appel au boycott lancé notamment par la section iséroise des Insoumis.

Sollicitée par l’AFP, la direction de LFI n’a pas commenté à ce stade. Mais face aux vives critiques visant depuis plusieurs jours son mouvement, Mathilde Panot, avait reconnu mercredi sur BFMTV que le tract distribué par des militants Insoumis était “mauvais”. La cheffe de file des députés Insoumis a condamné insultes et jets de projectiles. Mais “il n’y a pas d’antisémitisme dans nos rangs”, a-t-elle insisté.

La cheffe de file des députés Insoumis, Mathilde Panot. © NLBeeld

“Notre média ne saurait être qualifié de média d’extrême droite”, a réagi, pour sa part Omerta, sur X, assurant n’avoir “à aucun moment” “appelé à l’interdiction d’une prestation de Barbara Butch”. Le média assure avoir “exclusivement” émis des “critiques” à l’égard de “sa prestation au spectacle d’ouverture des Jeux olympiques”. “Nous attendons cette procédure sereinement”, poursuit-il.

“Violence inouïe”

Sur franceinfo, Barbara Butch, figure des nuits parisiennes LGBTQ+, a évoqué “beaucoup de violences verbales” samedi soir et affirmé avoir “reçu des projectiles sur la scène, sur les platines”. “C’était d’une violence inouïe”, a-t-elle déploré.

Les militants reprochaient à Barbara Butch sa participation, en 2025, à un événement organisé à la résidence de l’ambassadeur de France en Israël et la signature d’une tribune en faveur de la proposition de loi Yadan, qui visait à “lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme”, contestée et retirée depuis. “La liberté de critiquer n’emporte pas celle d’empêcher autrui, par la force ou par la peur, de travailler”, a tonné l’avocate de la DJ.

Me Msellati a ajouté, sur franceinfo, que “la haine n’a pas de couleur politique”. Sa cliente avait déjà été ciblée par un cyberharcèlement mêlant grossophobie, lesbophobie et antisémitisme après sa participation à la cérémonie d’ouverture des JO-2024 à Paris.

“Les victimes d’antisémitisme méritent d’être entendues”

Pour l’avocate de Mme Butch, les faits survenus samedi soir sont “susceptibles de constituer, notamment, les délits de provocation publique à la haine et à la violence, violences aggravées, entrave à la liberté de création artistique, cyberharcèlement aggravé, diffamation et injure publiques aggravées”. Ces chefs ne s’appliqueront pas à tous les acteurs visés, a-t-elle précisé.

“La Licra dépose plainte aux côtés de Barbara Butch”, a annoncé l’association sur X, estimant que “les victimes d’antisémitisme mérit(ai)ent d’être entendues avec la même considération que toutes les autres victimes”. Le parquet de Grenoble a, par ailleurs, ouvert mardi une enquête pour “délit d’entrave concertée aux libertés”.


Barbara Butch compte aussi déposer plainte contre Alain Soral pour injure publique aggravée. Multicondamné en France, l’essayiste d’extrême droite avait rejoint la Suisse en 2019 pour échapper à la prison. Il a récemment annoncé être “réfugié” en Russie, après avoir été condamné en mars en Suisse à cinq mois de prison ferme pour des propos antisémites et homophobes.

Alain Soral à Paris en 2015. © AFP

“Rétablir un dancefloor”

La DJ a été reçue mercredi par la ministre de la Culture, Catherine Pégard, qui lui a affirmé sa volonté de protéger son “intégrité”. L’artiste a également reçu le soutien de plus de 300 personnalités, dont Alain Chabat et Géraldine Nakache, signataires d’une tribune dans le journal Libération, estimant qu’”agresser une DJ juive ne libérera pas la Palestine”.

L’artiste se projette déjà vers sa prochaine performance, prévue samedi soir, lors d’un festival dans l’Yonne. “Bien sûr que j’y vais. J’y vais la tête haute”, a-t-elle affirmé à franceinfo. “On va essayer de rétablir un dancefloor où les gens se mélangent, les gens s’aiment, les gens se rencontrent.”

Dans un communiqué publié jeudi, Antoine Armand, maire macroniste d’Annecy, a invité “Barbara Butch à se produire dans sa ville” et incité “tous ses collègues maires à faire la même démarche”.

LIRE AUSSI

Aussi dans l'actualité