La diversité de recettes du barbagiuan à Monaco devient un atout pour son inscription au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco
Le barbagiuan est connu pour sa diversité de recettes. Loin de devenir un handicap pour son inscription au patrimoine culturel immatériel de la Principauté, c’est un signe de sa vitalité.
« C’est moi qui ai la recette officielle du barbagiuan. » À Monaco, il suffit de prononcer ces neuf mots pour transformer un repas de famille en une séance houleuse à l’Assemblée nationale.
Définir la recette d’origine de cet emblème de la gastronomie monégasque continue d’être un casse-tête pour les experts. Imaginez-vous tenter de « l’officialiser » ?
Créée en 2023, elle souhaite faire inscrire la cuisine monégasque, dont le barbagiuan est l’emblème, au patrimoine culturel immatériel de la Principauté.
Un projet qui pourrait sembler fragile, tant les recettes varient d’une famille à l’autre. Mais cette diversité, loin d’être un obstacle, est l’un de ses principaux atouts.
« C’est précisément cette variété qui fait sa richesse et tout son intérêt. Dans la fiche d’inventaire que nous allons déposer pour la Principauté, nous intégrerons plusieurs recettes. C’est une possibilité qui nous est offerte », explique Gilles Brunner, président du Grand Cordon d’Or et membre de l’association Mémoire et transmission de la cuisine monégasque.
Une vitalité permettant de voir plus loin
Sans s’attaquer à cette diversité, faire reconnaître le barbagiuan par la Principauté est avant tout une manière de « poser les bases », assure Alex Benvenuto, historien et artisan de l’inscription de la cuisine niçoise au patrimoine culturel immatériel français.
« On ne va pas mettre n’importe quoi et après dire que c’est du barbagiuan non plus. Il faut démontrer qu’il y a des racines solides, qui traversent le temps », poursuit-il.
Loin d’être un frein, cette pluralité des recettes pourrait même devenir un atout pour viser plus haut. « Quand j’ai aidé à faire inscrire la cuisine niçoise au niveau français, je leur ai expliqué que nos recettes évoluaient encore. Ils m’ont répondu que c’était normal, sinon ce ne serait plus du patrimoine. Si une recette n’évolue plus, elle devient comme le latin : une langue morte », confie Alex Benvenuto.
Une philosophie qui laisse entrevoir des ambitions encore plus grandes. « Si un jour nous parvenons à faire reconnaître le barbagiuan comme patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, ils enverront justement une équipe sur place pour étudier s’il existe différentes recettes et si c’est toujours un produit vivant », explique Gilles Brunner.
Le barbajuan réussira-t-il la reconnaissance des milieux culturels les plus prestigieux ? Seul l’avenir le dira.