thejournalofsierraleonestudies.com

La désinformation qui cible le manque d’information locale

On sait que ceux qui créent de la désinformation profitent opportunément de nos biais cognitifs —notre tendance à préférer l’information qui confirme nos croyances— et de nos émotions. Se pourrait-il qu’ils ciblent aussi les villes sans information journalistique locale ?

On sait que ceux qui créent de la désinformation profitent opportunément de nos biais cognitifs —notre tendance à préférer l’information qui confirme nos croyances— et de nos émotions. Se pourrait-il qu’ils ciblent aussi les villes sans information journalistique locale ?


Ce texte fait partie de notre série sur Les coulisses de la désinformation en science


C’est ce que suggère une étude britannique publiée en juin, qui conclut que la désinformation serait près de trois fois plus importante dans les régions qui ont peu de médias locaux reconnus ou n'en ont plus. Les auteurs, associés au groupe de réflexion Social Market Foundation, s’appuient sur 125 000 messages publiés sur des groupes Facebook locaux, sur X et sur Nextdoor —un réseau social qui se spécialise dans les communautés locales. 

Sur Facebook et X, les deux sujets les plus souvent ciblés par de la désinformation étaient l’immigration et l’islamophobie. Des « pics » de désinformation ont été identifiés autour d’élections locales. 

Abonnez-vous à notre infolettre!

Pour ne rien rater de l'actualité scientifique et tout savoir sur nos efforts pour lutter contre les fausses nouvelles et la désinformation!

L’étude pointe du doigt des groupes soi-disant locaux qui citent de fausses communications des municipalités et de fausses accusations visant des élus, en plus de publier du contenu généré par l’IA. 

Le point de départ de cette recherche était une préoccupation qui n’est pas propre aux Britanniques: celle des « déserts informationnels », soit des villes ou des régions dont les médias traditionnels sont disparus. 

Un tel désert a-t-il un impact sur la politique? La réponse est affirmative, et ça a même pu être mesuré. 

Dans cette même optique, il y a maintenant plusieurs années qu’on identifie, aux États-Unis et au Canada, le phénomène des « faux journaux »: des centaines de sites qui se donnent l’apparence d’un journal local mais ne sont là que pour défendre des prises de position conservatrices, ou défendre une industrie.