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Reportage Afrique - La Côte d’Ivoire se donne six mois pour éradiquer le fléau de l’orpaillage illégal

Pour mettre un terme à l'orpaillage illégal, les autorités ivoiriennes ont multiplié, ces dernières semaines, les opérations de démantèlement de sites clandestins. RFI a pu suivre une unité de la BSSI, la Brigade spéciale de surveillance et d’intervention, une unité qui dépend du ministère des Eaux et Forêts, chargée notamment de la lutte contre l’orpaillage illégal, lors de l’une de ces opérations, près de Mouyassué, un village situé dans la région du Sud-Comoé, à plus de 200 km à l’est d’Abidj

Pour mettre un terme à l'orpaillage illégal, les autorités ivoiriennes ont multiplié, ces dernières semaines, les opérations de démantèlement de sites clandestins. RFI a pu suivre une unité de la BSSI, la Brigade spéciale de surveillance et d’intervention, une unité qui dépend du ministère des Eaux et Forêts, chargée notamment de la lutte contre l’orpaillage illégal, lors de l’une de ces opérations, près de Mouyassué, un village situé dans la région du Sud-Comoé, à plus de 200 km à l’est d’Abidjan, à la frontière avec le Ghana. 

De notre correspondante de retour de Mouyassué,

Le site se trouve à trois heures de route, à l'extrémité d'une piste boueuse et presque impraticable. Puis au détour d’un virage, un homme prend la fuite, abandonnant sur place sa moto et six bonbonnes de gaz. Les hommes du capitaine Jean Kouakou Kouassi s’élancent à sa poursuite. « Sur les sites d’orpaillage, ils utilisent ce matériel-là pour pouvoir alimenter les moteurs pour creuser le sol, pour alimenter les embarcations nautiques sur le cours d’eau », explique le capitaine. Ce qu’on appelle communément des dragues. Elles sont faites de flotteurs et de tuyaux qui aspirent les sédiments des rivières, rendant les eaux troubles.

Les agents de la BSSI, la Brigade spéciale de surveillance et d’intervention, en intervention contre un campement d'orpaillage illégal à Mouyassué, en Côte d'Ivoire, près de la frontière ghanéenne.
Les agents de la BSSI, la Brigade spéciale de surveillance et d’intervention, en intervention contre un campement d'orpaillage illégal à Mouyassué, en Côte d'Ivoire, près de la frontière ghanéenne. © Fanny Noaro-Kabre / RFI

« Notre objectif, c’est de détruire tout ce qui est dragues et matériel d’orpaillage illégal. On les détruit et on s’en va », indique le commandant Joel Ouraga, commandant adjoint de la BSSI. 

« De l'autre côté de l’eau, c’est le Ghana. Vous voyez les activités qu’ils mènent. C’est tout ça qui pollue l’eau, qui décolore l’eau », déplore Jean Kouakou Kouassi. Et cette proximité avec le Ghana complique la lutte, car les orpailleurs s’y replient lors d’opérations. « C’est le Ghana qui nous fatigue, il faut qu’on ait une collaboration franche avec les autorités ghanéennes, espère Joel Ouraga. Si on associe les forces ghanéennes et nous, vous allez voir que ce phénomène va disparaitre. C’est ça notre difficulté ».

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« Si on marque un long temps d’absence, ils vont revenir »

Un peu plus loin, un jeune orpailleur a été arrêté et menotté. Il affirme ne pas chercher d’or : « On travaillait avant dans l’orpaillage, mais ils nous ont interdit ça, moi j’ai arrêté ça. Moi, j’ai commencé à travailler dans le cacao. » Le capitaine fouille son sac. Et y découvre plusieurs éléments suspects. « Du mercure, attaché dans un sachet. C’est ce qui contribue à la pollution de l’eau, pointe-t-il. Utiliser du mercure, c’est ce qui est véritablement dangereux pour les populations riveraines. » 

Le jeune orpailleur s’appelle Salifou. Il est burkinabè. Comme de nombreux autres, il a quitté son pays à la recherche d’un avenir meilleur. « C’est pour chercher de l’argent pour ma famille. Parce que nous sommes des déplacés », confie Salifou, qui peine à retenir ses larmes. Il sera emmené par les agents de la BSSI. On apprendra plus tard qu’il a 17 ans à peine.

La BSSI, la Brigade spéciale de surveillance et d'intervention, est une unité qui dépend du ministère des Eaux et Forêts, chargée notamment de la lutte contre l’orpaillage illégal.
La BSSI, la Brigade spéciale de surveillance et d'intervention, est une unité qui dépend du ministère des Eaux et Forêts, chargée notamment de la lutte contre l’orpaillage illégal. © Fanny Noaro-Kabre / RFI

Ce jour-là, du matériel sera saisi, les dragues brûlées, les unités de concassage détruites. Mais le capitaine Kouassi reste vigilant : « Aujourd’hui, vous l'avez constaté en venant, il y a des sites qui ont été déguerpis par les orpailleurs, mais il faut revenir régulièrement faire des patrouilles pour dissuader les récalcitrants. Si on marque un long temps d’absence, ils vont revenir. » Depuis 2021, plus de 8 500 sites d’orpaillage illégal ont été déguerpis par les autorités ivoiriennes.

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