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La communauté LGBT refuse toute récupération par l’extrême droite

Publié26. juillet 2026, 17:45Attaque de BerlinLa communauté LGBT refuse toute récupération par l’extrême droiteAu lendemain de l'attentat qui a fait une morte et 29 blessés, la communauté LGBT redoute une récup...

Publié26. juillet 2026, 17:45

Attaque de BerlinLa communauté LGBT refuse toute récupération par l’extrême droite

Au lendemain de l'attentat qui a fait une morte et 29 blessés, la communauté LGBT redoute une récupération politique à l'approche des élections à Berlin.

Agence France-Presse

Un ruban noir est accroché à un drapeau arc-en-ciel devant la porte de Brandebourg, à Berlin, lors d'un rassemblement de recueillement organisé au lendemain de l'attentat à la voiture-bélier visant la Gay Pride.

Un ruban noir est accroché à un drapeau arc-en-ciel devant la porte de Brandebourg, à Berlin, lors d'un rassemblement de recueillement organisé au lendemain de l'attentat à la voiture-bélier visant la Gay Pride.AFP

Drapeaux arc-en-ciel et fleurs à la main, des centaines de membres et sympathisants de la communauté LGBT+ se sont rassemblés porte de Brandebourg dimanche, après l’attaque islamiste présumée contre la Gay Pride de Berlin, le refus d’une récupération politique par l’extrême droite en arrière-plan.

L’attentat à la voiture-bélier, qui a fait une morte et 29 blessés dans la nuit de samedi à dimanche, intervient à moins de deux mois de l’élection du parlement et du maire de Berlin, un scrutin où l’extrême droite (AfD), la gauche radicale (Die Linke), les Verts et les conservateurs (CDU) du chancelier Friedrich Merz sont au coude-à-coude.

L’Allemagne a déjà été endeuillée ces dernières années par plusieurs attaques commises avec des véhicules, certaines par des islamistes, d’autres par des déséquilibrés ou par islamophobie, nourrissant un sentiment d’insécurité dont a profité l’AfD.

C’est la première fois que la communauté LGBT+ est visée par un tel attentat dans cette capitale européenne, réputée pour son ouverture.

La crainte d'une récupération politique

Lena Werner, 26 ans, est là pour montrer que la communauté «ne se laissera pas intimider, pour faire entendre notre voix encore plus fort, faire preuve d’une solidarité encore plus grande», tout en reconnaissant que la «peur est devenue plus grande», alors que selon les organisateurs de la Gay Pride, l’homophobie regagne du terrain. Mais Lena ne veut pas que cette attaque meurtrière alimente «la haine contre les étrangers, les migrants ou l’islam».

Mario Paul s’interroge sur les «motivations» de l’assaillant, qui est, selon les autorités, Abdul Ballout, un Allemand d’origine libanaise de 21 ans au passé jihadiste bien connu. Lui craint que cela puisse servir l’extrême droite, qui a réagi en dénonçant «l’échec total» des autorités.

«L’AfD met en garde depuis des années que l’islamisme est et reste la plus grande menace sécuritaire pour notre pays», a estimé le député AfD Martin Hess dans un communiqué.

«Nous avons enfin besoin d’un véritable tournant en matière de politique migratoire, car de nombreux attentats islamistes sont liés à la politique d’immigration et de naturalisation», a-t-il estimé.

Résister à l’instrumentalisation

Cette attaque «aggrave la situation, alors qu’on voit bien que l’Allemagne est toujours plus à droite», dit Mario Paul, notant les scrutins de Berlin et dans d’autres régions de l’est de l’Allemagne en septembre où l’AfD, qui surfe sur un discours antimigrants, espère des scores record.

Alex Friedrich, 51 ans, piercing dans le nez et tee-shirt barré des lettres arc-en-ciel «FCK AFD», veut lui croire que les Berlinois sauront dire non à un parti considéré comme homophobe par la communauté LGBTQ du fait d’un discours politique axé sur la défense de la famille traditionnelle.

«Berlin sera à gauche! Maintenant plus que jamais!», proclame-t-il.

Il se dit aussi convaincu que gay, trans, lesbiennes et autres queers ne vont pas «plier», car ils ont «déjà supporté tant de choses dans leurs vies».

Luka, une étudiante de 23 ans, explique être venue porte de Brandebourg pour «se recueillir» et se sentir entourée. Elle s’attendait à avoir peur en venant à ce rassemblement au lendemain de l’attaque contre la Marche des fiertés. Mais finalement la résilience l’a emporté, alors que la police est présente en nombre autour de la place et sur l’avenue Unter den Linden qui y mène. «Je remarque qu’en fait je n’ai pas peur d’être ici. Parce qu’il est important pour moi d’être ici», dit-elle.

Quant à une possible récupération par l’extrême droite, elle veut croire que les Allemands y résisteront. «Ça peut être facilement instrumentalisé», estime la jeune femme vêtue de noir, mais «je crois qu’il va y avoir une grande résistance à cette instrumentalisation».

Agence France-Presse

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