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La colère politique ne se traduit pas par un vote : ce qui compte, c’est le sentiment d’efficacité du vote, selon une étude menée aux USA,

Le sentiment de pouvoir changer les choses compterait davantage que la fureur pour mobiliser les électeurs. Une étude de la Michigan State University dévoile un mécanisme surprenant. Rédacteur scientifique Pu...

Le sentiment de pouvoir changer les choses compterait davantage que la fureur pour mobiliser les électeurs. Une étude de la Michigan State University dévoile un mécanisme surprenant.

Alexandre Brunet

Rédacteur scientifique

Publié le 23/10/26 à 13:20

Ce résumé généré par IA a été validé par les journalistes de la rédaction.

La colère politique ne mènerait pas aux urnes. C’est le constat d’une étude publiée le 14 octobre 2026 par des chercheurs de la Michigan State University, aux États-Unis. Les électeurs les plus furieux s’engageraient davantage dans le militantisme, tandis que leur intention de voter reculerait.

Un modèle pour décrypter la colère politique

Depuis la fin des années 1990, Monique Mitchell Turner étudie les effets de la colère sur les comportements sociaux. Professeure à la Michigan State University, elle dirige aussi le département de communication. En 2007, elle a proposé un modèle appelé Anger Activism Model, dont le principe tient en une phrase. La colère n’agit jamais seule, mais interagit avec le sentiment de pouvoir changer les choses.

Près de 2 000 adultes américains ont participé à l’enquête cinq semaines avant la présidentielle de novembre 2024. Cette fois, l’équipe a interrogé un échantillon national, alors que les tests précédents se déroulaient en laboratoire. Selon la revue PLOS ONE, les chercheurs ont mesuré la colère politique des répondants. L’étude a aussi évalué leur confiance dans leur pouvoir d’action et leurs intentions de vote.

Plus de colère politique, moins d’envie de voter

Chez les personnes persuadées de ne rien pouvoir changer, une fureur électorale plus forte augmentait la volonté d’agir. Rejoindre une campagne ou distribuer des tracts devenait plus probable. Ces mêmes individus très en colère exprimaient pourtant moins l’intention de se rendre aux urnes.

À l’inverse, les répondants confiants dans leur capacité à peser sur le scrutin réagissaient tout autrement. La colère politique n’avait alors que peu d’influence sur leur engagement. Mobilisés quel que soit leur niveau d’indignation, ces participants maintenaient à la fois leur activisme et leur intention de voter.

Deux enseignements se dégagent de ces données. La colère politique seule ne suffit pas à pousser les citoyens vers l’isoloir. Sans conviction que leur bulletin puisse peser, les répondants les plus furieux préféraient le porte-à-porte et les campagnes de terrain.

Les campagnes électorales face au piège de la fureur

Pour les professionnels de la communication politique, ces résultats changent la donne. Jouer la carte de la colère pour mobiliser les électeurs peut se retourner contre les partis qui l’utilisent. Le danger est particulièrement marqué chez les citoyens qui se sentent déjà impuissants. Les chercheurs appellent donc à proposer des voies d’action atteignables pour canaliser l’exaspération électorale vers le vote.

En juin 2026, la même équipe avait publié un travail complémentaire sur un versant plus sombre de ce phénomène. Chez les personnes convaincues que les institutions ignorent leurs préoccupations, la colère politique favorisait aussi le soutien à

des comportements antisociaux. La violence figurait parmi ces réactions. « La colère n’est pas synonyme de violence », a rappelé Monique Mitchell Turner, chercheuse de l’étude. Selon elle, ceux qui se sentent capables d’agir sur ce qui les révolte choisissent des actions constructives.