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La citronnelle, une plante aux senteurs et saveurs étonnantes qui n’a pas peur de la chaleur

Cet été, nos jardins ont soif, et dans tout l’Hexagone c’est le même refrain. Quelques plantes résistent, supportent le soleil et le manque d’eau tout en restant pimpantes. Artemisia abrotanum est de celles-ci.

Suivant les régions, « aurone », « arquebuse » ou encore « citronnelle » sont les petits noms de Artemisia abrotanum, sous-arbrisseau aromatique. Cette plante un peu oubliée faisait partie de tous les jardins de curé. Remettons-la au goût du jour, car en cette période si particulière, elle est de toute beauté.

Ce que l’on remarque avant tout, c’est son feuillage foisonnant, très très finement découpé, entre gris-vert et argenté. Il est semi-persistant, voire persistant si les hivers sont doux. Comme cette artémise pousse vite, afin qu’elle reste bien touffue et ne se dégarnisse pas de la base, une bonne taille chaque année est nécessaire chaque année, en mars. Ainsi elle ne devient pas dégingandée. Elle mesure entre 60 cm à plus d’un mètre en tous sens.

Une odeur qui éloignerait les insectes

Parfois de petites fleurs discrètes, jaunes, apparaissent en fin d’été. Mais ce remarquable feuillage a un autre atout que sa joliesse : c’est son parfum, tellement complexe. J’aime faire le test avec mes visiteurs, en le froissant. Chacun y découvre une senteur bien particulière… et qui n’est jamais la même. Le citron et autres agrumes, le cola (j’ai même vu cette plante appelée « cola » sur des stands de pépiniéristes), le pin, la résine, le camphre… et l’absinthe, sa petite sœur, car elles sont de la même famille.

Il y a bien longtemps, ses tiges étaient placées dans les armoires, les lits : on les faisait sécher pour éloigner certains insectes qui détestent cette odeur. Il paraît même qu’elles servaient dans la confection de bougies anti-anophèles. Mais je n’ai pas trouvé de source fiable pour cet usage. Cela reste donc un « on-dit ». Je ne sais pas si ça fonctionne vraiment, mais j’aime mettre un bouquet dans la chambre, pendant les nuits d’été, pour faire fuir les indésirables !

Par contre, ce qui est certain, et toujours d’actualité, c’est qu’elle sert à aromatiser des liqueurs digestives, comme la fameuse liqueur d’arquebuse fabriquée autrefois par des religieux. Pour les gourmands, les jeunes feuilles pimentent – avec parcimonie car très amères – les salades de fruits, les vinaigres, les cornichons, les tisanes…

Attendez l’automne pour l’adopter et la planter en plein soleil, en sol drainé, même pauvre, caillouteux ou calcaire. Sa rusticité est à toute épreuve mais elle déteste les terres lourdes qui restent humides l’hiver et les excès d’eau. Dans mon jardin, j’en ai une qui pousse sur mon mur végétal depuis vingt ans. Elle s’y plaît beaucoup. C’est le gros avantage d’un mur végétal ; l’eau coule trois ou quatre fois par jour, pendant quatre minutes mais ne stagne pas, ce qui permet d’y faire vivre aussi bien les plantes qui n’aiment pas la sécheresse que celles qui détestent l’humidité au pied.

Installez-la dans le jardin d’herbes, au potager, dans les graviers. Elle accompagne parfaitement les rosiers, s’associe très bien avec les sauges arbustives d’Amérique du Sud, les lavandes, les cistes, les teucriums ou encore les helichrysums pour de belles scènes estivales.

Elle se multiplie très bien, en boutures de tiges semi-aoûtées en ce moment, en boutures de bois sec en hiver, ou en division de touffes au printemps.