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La Chine affole la planète avec ses robots humanoïdes : de quoi sont vraiment capables ces machines et quand vont-elles arriver chez nous

Le fabriquant chinois "Unitree Robotics" a vu le cours de son action grimper de 500 % lors de son entrée en Bourse à Shanghai. Si les robots humanoïdes excitent le public, leur déploiement dans nos sociétés reste une perspective lointaine.

Le fabriquant chinois "Unitree Robotics" a vu le cours de son action grimper de 500 % lors de son entrée en Bourse à Shanghai. Si les robots humanoïdes excitent le public, leur déploiement dans nos sociétés reste une perspective lointaine.

On les voit sprinter, danser, faire du karaté ou déplacer des cartons. Les robots humanoïdes fascinent autant qu’ils interrogent dans nos sociétés où le progrès ne prend jamais de pause. Ce lundi en Chine, le fabriquant "Unitree Robotics" a présenté sa nouvelle création : Superman, un appareil super athlétique encore plus rapide qu’Usain Bolt.

Unitree New Robot Preview: “Superman” Breaking the Limits of Humanity\ud83e\udd73
Standing high jump 2 m, top speed 12.66 m/s (0.85 m leg length)
Surpassing the standing high jump and running speed records of all humans around the world
This new machine has only been in development for a… pic.twitter.com/12i80ITU6p

— Unitree (@UnitreeRobotics) August 17, 2026

Dans la foulée de ces démonstrations, l’entreprise est entrée à la Bourse de Shanghai et a vu son action bondir d’environ 500 %, une première pour un fabricant de robots humanoïdes en Chine continentale. Mais que valent vraiment ces machines ? Révèlent-elles de réels progrès ou sont-elles simplement fabriquées pour le spectacle ? Qui sont les meilleures dans le domaine ?

La Chine, seule en tête

"C’est bien la Chine qui domine aujourd’hui sur le marché des robots humanoïdes", affirme Gregorio Ameyugo, directeur du département IA et robotique du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA).

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"Les humanoïdes ont une architecture qui est chère, coûteuse et complexe. L’enjeu principal est donc de réduire leur coût de fabrication. Les Chinois, bien soutenus par l’État, ont créé tout un écosystème de production. Alors que les robots américains et européens peuvent arriver rapidement à des coûts dépassant les 100 000 euros, les Chinois en produisent pour un prix allant de 30 000 à 60 000 euros", poursuit le spécialiste qui rappelle que depuis plusieurs années, le gouvernement chinois considère la robotique comme un secteur stratégique important.

L’humanoïde aujourd’hui

Aujourd’hui, ces appareils sont capables de plusieurs prouesses. Gregorio Ameyugo explique "qu’ils peuvent reproduire de façon très fluide, voire impressionnante, les mouvements du corps humain. Toutes ces démonstrations qu’on voit utilisent une technique logicielle qui est l’apprentissage par renforcement." Mais l’objectif est clair : ils doivent s’adapter et multiplier leurs capacités. L’expert le dit : "Il faut que le robot puisse passer partout, qu’il puisse tout faire dans un lieu donné. Aujourd’hui, ça n’est pas le cas. Et même les fabricants le disent. Le PDG d’Unitree, le lendemain de son entrée en Bourse, a affirmé qu’il fallait rester modéré sur nos attentes."

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Sur cette idée, il est rejoint par Olivier Liot, directeur de recherche au CNRS dans le laboratoire d’analyse et d’architecture des systèmes (LAAS) de Toulouse. Ce dernier confirme : "L’intérêt, c’est qu’on ait qu’un seul robot qui sache faire plusieurs tâches. Dans les entreprises, cela sera peut-être bientôt faisable, mais chez les gens, c’est plus compliqué. Chez moi par exemple, la chambre de mon fils, c’est le bazar. Je ne vois pas comment un humanoïde pourrait s’adapter et la ranger."

L’utilisation domestique est certainement celle qui intéresse le plus le public. Sauf que sans une fiabilité totale, cela reste une perspective encore lointaine. "Un robot qui fait 90 % de succès, ce qui est déjà énorme en robotique humanoïde, ça veut dire qu’il va tomber en panne une fois sur dix. C’est déjà trop", explique ainsi Olivier Liot. Gregorio Ameyugo complète : "Quand ChatGPT se trompe aujourd’hui, ça fera, au pire, un petit scandale. Mais si un robot se trompe, ça peut très rapidement mettre des vies humaines en danger et faire des dégâts. C’est pour cela qu’on en croisera au travail bien avant d’en avoir chez nous."

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Sur les champs de bataille, c’est le même constat. "Il n’y a pas encore d’applications militaires. Il y a seulement des robots à pattes qui utilisent les mêmes algorithmes, comme les robots quadrupèdes qui ont été aussi déployés en Ukraine. Le résultat n’est encore pas très concluant", développe Olivier Liot.

Impossible sans l’IA ?

Pour certains, les avancées en matière de robotique humanoïde seront liées à celles de l’IA. C’est une évidence pour Gregorio Ameyugo qui observe : "DeepSeek, le ChatGPT chinois, a pris des parts dans Unitree lors de son entrée en Bourse. Ils ont signé un partenariat pour travailler sur l’IA qui va faire, selon eux, que ces robots deviendront utiles et fiables."

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Il fait ainsi le parallèle avec le développement des pilotes automatiques de voiture : "Les technologies, le débat, les méthodes : tout se reproduit de façon miroir. Tesla pense qu’avec l’IA, son pilote pourrait engranger les données et donc devenir parfait. Mais malgré tout, on continue à avoir des accidents mortels un peu inexplicables."

La France dans la course

Où en est-on en France ? "Il y a Wandercraft qui fait des tests de déploiement avec Renault. Le résultat est intéressant. L’entreprise est déjà légitime et a montré son sérieux, notamment avec l’envoi de ses exosquelettes aux États-Unis.", indique Olivier Liot. "Certains des logiciels utilisés par tous les robots humanoïdes du monde ont été faits en France", ajoute de son côté le directeur du département IA et robotique du CEA.

Loin de la Chine et de sa politique nationale sur le sujet, les inventeurs français sont tout de même dans la course. Leur travail permet au secteur de la robotique de faire des progrès. Le chercheur du LAAS détaille : "Il y a des transferts de technologies de ce qui est développé pour les robots humanoïdes sur d’autres robots qui ont déjà des impacts sur les chaînes de montage."

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Un discours que partage Gregorio Ameyugo :"Il est très probable qu’avant d’arriver à un robot capable de tout faire, on voie apparaître des robots à deux bras, mais sur des roues." À court terme, plutôt donc que d’attendre l’arrivée des humanoïdes dans nos maisons, préparons-nous à retrouver des robots moins sophistiqués, mais plus spécialisés dans nos usines.