La Belgique face à l’un des pires incendies de son histoire dans les Hautes Fagnes
Le feu a pris, et s'est rapidement propagé, le 14 août peu après 13 heures, au niveau de la Fagne des Deux-Séries, à proximité du rond-point de Drossart, sur le territoire de la commune de Baelen. Les habitants...
Le feu a pris, et s'est rapidement propagé, le 14 août peu après 13 heures, au niveau de la Fagne des Deux-Séries, à proximité du rond-point de Drossart, sur le territoire de la commune de Baelen. Les habitants ont alors reçu un message via Be-Alert leur indiquant de "quitter la zone des Fagnes dans les plus brefs délais", l'origine du feu étant inconnue. Le plan d'urgence provincial a été déclenché dans la foulée pour la réserve, érigée au rang de parc naturel depuis 1971 et qui a déjà fait, en 1911 et 2011, l'objet de deux incendies dévastateurs.
Samedi à l'aube, Nathalie Thönnissen, la bourgmestre de Baelen, indiquait que l'armée était attendue sur place avec trois véhicules Panther. Ils seront même finalement 6. Ces engins, à la capacité de 10 500 litres d'eau, peuvent projet de l'eau à près de 100 mètres. Ces engins venaient compléter le travail déjà opéré par les pompiers et même les agriculteurs venus en renfort, et qui s'approvisionnaient en eau dans deux lacs tout proches, notamment ceux de Robertville et de Bütgenbach.
Samedi, à la mi-journée, la Belgique demandait d'activer le mécanisme de protection civile de l'Union européenne. La commissaire européenne en charge de la Gestion des crises, Hadja Lahbib, déclarait ainsi qu'"un hélicoptère et deux avions de notre flotte UE sont en route". Aux Pays-Bas, Tom Berendsen, le ministre des Affaires étrangères, confirmait dans la foulée l'envoi de deux hélicoptères militaires vers l'est de notre pays : "Il est important de soutenir notre voisin. Via le mécanisme européen de protection civile, les Pays-Bas mobilisent deux hélicoptères de la défense pour aider à combattre les incendies".
Une couche de fumée, une forte odeur de brûlé persistante, les Hautes Fagnes sont en feuPlus de 600 riverains évacués
Vers 16 h, plusieurs rues de Waimes et Bütgenbach devaient être évacuées. Un centre d'accueil commun était mis en place au hall omnisports de Malmedy, afin de disposer d'un seul endroit pour les deux communes concernées. La Croix-Rouge y déployait un vaste dispositif pour prendre en charge les plus de 600 riverains ayant dû quitter leur domicile. Le Service d'intervention psychosociale urgente (SISU) était également sur place pour fournir un encadrement spécifique.
Dans la soirée, le ministre-Président wallon Adrien Dolimont et le ministre de l'Intérieur Bernard Quintin (tous deux MR) se sont rendus sur le site de l'incendie afin d'évaluer le travail des services de secours face à ce brasier ayant alors déjà détruit 1 800 hectares. De son côté, le roi Philippe s'est entretenu avec Anne Dassy, la gouverneure faisant fonction de la province de Liège, afin de suivre l'évolution de la situation et de remercier au passage les services de secours - plus d'une centaine de pompiers se relaient depuis vendredi.
"On attend, mais c'est un stress" : témoignages des personnes évacuées des FagnesPlus de 3 000 hectares calcinés
Ce dimanche au réveil, la nouvelle tombait: quelque 3 000 hectares avaient été calcinés, soit l'équivalent de la superficie des communes d'Uccle et Forest réunies. Le feu n'était toujours pas fixé. Ce qui n'était toujours pas le cas en fin de journée. Les fumées, très denses, s'étendaient en matinée jusqu'en province de Namur et Luxembourg, où une forte odeur était présente dans plusieurs villes. Les fumées étaient telles qu'une alerte à la pollution (particules et oxydes d'azote) était déclenchée dans la Moselle en France. Comme Bart De Wever, qui a salué le "travail remarquable" des équipes mobilisées dans l'après-midi dimanche, les réactions politiques n'étaient pas très nombreuses. Sur le réseau social Instagram, le président du PS, Paul Magnette a rappelé que cette catastrophe rappelait "avec une brutalité particulière" la réalité de l'urgence climatique.
Les partis francophones entre émotion, appels à l'action et demandes de sanctions avec l'incendie dans les Fagnes : "Inaction politique"Le président des Engagés a abondé dans ce sens. Yvan Verougstraete a salué sur X la solidarité citoyenne et européenne, tandis que le parti Écolo estimait que "le dérèglement climatique montre brutalement sa réalité". À l'inverse de ses homologues, Georges-Louis Bouchez n'a pas fait de lien entre la catastrophe et le changement climatique. "Il ne faut pas oublier (...) que ces incendies sont la conséquence d'individus qui, soit volontairement, soit par négligence, ont démarré ce feu. Le temps de l'enquête arrivera, mais les sanctions et les conséquences devront être exemplaires", a commenté le président du MR sur Facebook.
Dimanche en fin de journée, les opérations des services de secours restaient compliquées par des vents changeants.