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L’un des lancements les plus attendus de l’année a lieu cette semaine, et il va changer notre vision de l’Univers

Un lancement extrêmement attendu aura lieu ce dimanche 30 août depuis la Floride. Le télescope Nancy Grace Roman de la NASA s’envolera à bord d’un Falcon Heavy de SpaceX, et sa mission doit nous aider à percer l’un des plus grands mystères de l’Univers.

Un lancement extrêmement attendu aura lieu ce dimanche 30 août depuis la Floride. Le télescope Nancy Grace Roman de la NASA s’envolera à bord d’un Falcon Heavy de SpaceX, et sa mission doit nous aider à percer l’un des plus grands mystères de l’Univers. 

Le télescope Nancy Grace Roman est désormais installé dans la coiffe du Falcon Heavy. ©SpaceX

Le télescope Nancy Grace Roman est désormais installé dans la coiffe du Falcon Heavy. ©SpaceX

Baptisé en hommage à Nancy Grace Roman, première cheffe de l’astronomie à la NASA et surnommée « la mère de Hubble » pour son rôle décisif dans son développement, le télescope entend bien marcher dans les pas de son illustre aîné. Et le compte à rebours est désormais lancé, puisqu’il a été scellé dans la coiffe de son Falcon Heavy ce 24 août.

Direction, à présent, le hangar de SpaceX sur le pas de tir LC-39A, dernière étape avant le grand départ vers l’au-delà. 

Doté d’un champ de vision 100 fois plus large que celui de Hubble, le Nancy Grace Roman, qui a coûté la belle somme de 4,3 milliards de dollars, conservera une netteté d’image comparable à ses meilleurs clichés. De quoi lui permettre de cartographier des milliards de galaxies, quand son prédécesseur ne peut scruter que des portions de ciel bien plus étroites à la fois. 

Une capacité hors norme que la NASA compte exploiter pour s’attaquer à l’un des plus grands mystères de l’Univers : la matière noire et l’énergie noire, qui composent à elles deux 95 % du cosmos, sans que les scientifiques puissent les observer directement. Car seuls leurs effets sur la matière visible trahissent leur présence. Le télescope doit mieux cerner leur nature en observant leur influence à très grande échelle. 

Mais ce n’est pas tout. Ce bijou de technologie embarque également un coronographe capable de bloquer la lumière d’une étoile pour mieux observer les exoplanètes qui l’entourent. De quoi affiner notre compréhension de ce qui rend un monde habitable, et si les systèmes solaires comme les nôtres sont nombreux.

Direction le point Lagrange L2

Rendez-vous à 13h26 ce dimanche heure de Paris pour assister à l’un des plus importants lancements scientifiques de la NASA de la décennie, après le télescope James-Webb en 2021. Il nous abreuve, depuis, de nombreuses découvertes fascinantes. Une fenêtre de tir de secours est prévue le lendemain à la même heure en cas de report. 

Une fois en orbite, le télescope Nancy Grace Roman entamera un long périple d’environ un mois avant de rejoindre sa destination finale : le point Lagrange L2, à 1,5 million de kilomètres de la Terre, où gravite déjà James Webb. Trois mois de vérification seront ensuite nécessaires avant qu’il ne puisse réellement débuter les observations, et nous livrer des premières réponses tant attendues sur le cosmos.

Tout savoir sur le télescope Nancy Grace Roman de la NASA, qui doit percer les mystères de la matière noireFoire aux questionsContenu généré par l’IA

À quoi correspond le point de Lagrange L2, où le télescope Nancy Grace Roman doit s’installer ?

Le point de Lagrange L2 est une zone de l’espace située sur l’axe Soleil–Terre, à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre, où les forces gravitationnelles et le mouvement orbital se compensent en partie. Concrètement, un satellite n’y est pas “immobile”, mais peut se placer en orbite dite de halo autour de L2 en consommant relativement peu de carburant pour se maintenir. L’intérêt pour un télescope est d’avoir le Soleil, la Terre et la Lune globalement du même côté, ce qui facilite le contrôle thermique et la stabilité. Cela permet aussi de réduire les occultations et d’assurer des observations longues et régulières, essentielles pour les relevés à grande échelle.

Qu’est-ce qu’un coronographe, et pourquoi est-ce crucial pour observer des exoplanètes ?

Un coronographe est un instrument optique qui atténue fortement la lumière d’une étoile afin de rendre visible l’environnement proche, où une exoplanète serait sinon noyée dans l’éblouissement. Le défi vient du contraste extrême : une planète peut être des millions à des milliards de fois moins lumineuse que son étoile, et très proche d’elle en angle apparent. Un coronographe combine généralement un masque (ou occulteur) et des optiques de correction pour réduire les diffractions et les aberrations qui “font baver” la lumière. Une fois l’étoile mieux supprimée, il devient possible d’imager certaines exoplanètes et d’analyser leur lumière pour obtenir des indices sur leur atmosphère.

Comment un télescope peut-il étudier la matière noire et l’énergie noire si elles sont invisibles ?

La matière noire et l’énergie noire ne se détectent pas directement par émission de lumière, mais via leurs effets sur la matière visible et l’expansion de l’Univers. Un levier majeur est le lentillage gravitationnel faible : la gravité (notamment celle de la matière noire) déforme légèrement l’image de galaxies lointaines, et ces distorsions statistiques tracent la distribution de masse. En parallèle, mesurer les distances et la croissance des structures cosmiques au fil du temps aide à contraindre l’énergie noire, liée à l’accélération de l’expansion. Pour que ces signaux soient exploitables, il faut un très grand nombre de galaxies observées avec une qualité d’image stable, afin de limiter les biais de mesure. C’est là qu’un large champ de vision et une bonne résolution deviennent déterminants.