L’ONU et Google lancent une plateforme de données pour l’IA - Le Monde Informatique
Les Nations unies s'associent à Google pour centraliser leurs données statistiques dans une plateforme conçue pour faciliter leur recherche, leur analyse et leur utilisation par les systèmes d'IA. L'ONU et Goog...
Les Nations unies s'associent à Google pour centraliser leurs données statistiques dans une plateforme conçue pour faciliter leur recherche, leur analyse et leur utilisation par les systèmes d'IA.
L'ONU et Google lancent une plateforme destinée à réunir les statistiques produites par les différentes agences du système des Nations unies. Baptisée UN System Data Commons, elle remplace le portail UNData et doit notamment permettre aux agents IA d'interroger directement ces données. Les statistiques des Nations unies sont réparties entre de nombreuses agences et restent souvent difficiles à exploiter ensemble. Pour répondre à ce problème, l'organisation lance avec Google la plateforme UN System Data Commons. Construite sur la technologie open source Data Commons de Google, elle rassemble ces données dans un environnement commun et remplace le portail UNData, utilisé jusqu'ici pour rechercher les indicateurs statistiques de l'ONU.
La plateforme permet de rechercher les données en langage naturel et de croiser plusieurs indicateurs sans devoir parcourir séparément les bases des différentes agences. Les utilisateurs peuvent par exemple comparer l'évolution de l'espérance de vie selon les régions, suivre l'accès à l'électricité ou mettre en relation plusieurs indicateurs de santé et d'éducation. Les données conservent leur source d'origine et sont validées par des statisticiens et des experts techniques du système des Nations unies.
Des statistiques encore difficiles à exploiter par l'IA
Le projet répond aussi à un problème rencontré par les systèmes IA lorsqu'ils doivent restituer des données statistiques précises. Une évaluation menée par l'UNICEF sur six modèles et plus de 133 000 requêtes consacrées à des indicateurs mondiaux de développement a obtenu une précision moyenne de 21,2 %. Environ trois réponses sur cinq ne fournissaient aucun chiffre exploitable, selon João Pedro Azevedo, chef statisticien de l'agence. L'étude a notamment porté sur GPT-4o et GPT-4o-mini d'OpenAI, Claude Sonnet 4.5 et Haiku 4.5 d'Anthropic, ainsi que Gemini 2.5 Flash et Gemini 2.0 Flash de Google. Lorsqu'une même série de questions a été posée à nouveau environ deux jours plus tard, les modèles qui avaient fourni un chiffre lors des deux tests ne donnaient le même résultat qu'environ une fois sur deux. Le travail de l'UNICEF est encore un document de travail et n'a pas fait l'objet d'une évaluation par les pairs.
UN System Data Commons doit ainsi fournir aux systèmes d'IA un accès direct à des données statistiques identifiées et vérifiables. La plateforme s'appuie notamment sur le Model Context Protocol (MCP), un standard permettant à un agent IA de se connecter à une source de données externe et d'y récupérer les informations nécessaires à une tâche.
Des agents capables de croiser les indicateurs
Avec cette intégration, un agent peut rechercher plusieurs indicateurs dans les données de l'ONU, les mettre en relation puis générer des graphiques, des tableaux de bord ou une première synthèse. Google a notamment présenté une démonstration autour du PEPFAR, le programme américain de lutte contre le VIH/sida. L'agent utilise différentes statistiques des Nations unies, notamment sur la prévalence du VIH, la mortalité liée au sida et l'espérance de vie, avant de produire une représentation graphique des résultats.
L'accès direct à des données officielles ne supprime toutefois pas le besoin de contrôle humain. Google souligne que les sources doivent être vérifiées avant de reprendre un résultat généré par une IA, celle-ci pouvant mal interpréter les données ou leur contexte.
80 % des données statistiques de l'ONU visées d'ici 2027
Le lancement ne constitue qu'une première étape. 26 organisations du système des Nations unies se sont engagées à participer au projet, et les données de près de 20 d'entre elles sont déjà disponibles au lancement. L'objectif affiché est d'intégrer environ 80 % des jeux de données statistiques du système de l'ONU d'ici 2027. Google.org a par ailleurs apporté un financement de 2 M$ ainsi qu'un accompagnement technique pour la mise en place de l'infrastructure. Selon Google, la plateforme est hébergée dans un environnement gouverné par l'ONU, avec l'objectif qu'elle puisse à terme être exploitée et développée de manière indépendante par l'organisation.