L’oeil de la rédaction. L’édito : série noire dans les musées
Dans son édito du jour, Benoît Gaudibert ne s’inquiète pas seulement de la recrudescence des cambriolages dans les musées ou les lieux cultuels. Car l’été caniculaire a démontré que d’autres problèmes planaient au-dessus des lieux d’exposition.
Dans son édito du jour, Benoît Gaudibert ne s’inquiète pas seulement de la recrudescence des cambriolages dans les musées ou les lieux cultuels. Car l’été caniculaire a démontré que d’autres problèmes planaient au-dessus des lieux d’exposition.
Benoît Gaudibert -
Aujourd’hui à 19:36
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La galeie Apollo du Louvre. Photo Auteur : HOUPLINE-RENARD/SIPA
La série noire de l’été se poursuit dans les musées. Deux tableaux d’Auguste Renoir ont été dérobés, mardi, au musée de Cagnes-sur-Mer. Au moins quatre autres établissements de province avaient déjà été victimes de fric-frac en juillet-août, dont le musée Lalique, en Alsace, qui ne rouvrira ses portes que fin octobre. Cette recrudescence des cambriolages touche également d’autres pays d’Europe. Cibles privilégiées des malfaiteurs : les bijoux, pièces d’orfèvrerie et autres objets en or, plus faciles à écouler que les toiles de maîtres, quand ils ne sont pas fondus et perdus à jamais. Le casse du Louvre, en octobre 2025, avait servi de révélateur. Plusieurs rapports ont mis en lumière la fragilité des musées français. La ministre de la Culture a annoncé dans la foulée un plan d’action en trente-trois mesures pour mieux les protéger. Quelque trois mille lieux culturels particulièrement « sensibles » seront sécurisés en priorité. Reste une inconnue de taille : le coût du chantier et les fonds qui y seront consacrés.
Cauchemars
Dans un contexte de pénurie budgétaire et de diminution des budgets culturels de l’État comme des collectivités, il y a fort à craindre que des milliers de musées, églises et autres monuments historiques abritant des œuvres ne voient jamais la couleur d’une subvention. Faute de pouvoir investir dans la sécurité, des lieux culturels risquent à l’avenir de renoncer à présenter certaines pièces ou accueillir des expos temporaires. De quoi donner des cauchemars aux conservateurs, pour qui ce malheur estival n’arrive pas seul. Vulnérables aux intrusions, les musées ont montré qu’ils l’étaient aussi à la chaleur. La canicule a mis en évidence la nécessité pour de nombreux établissements de s’équiper de coûteux systèmes de climatisation, à la fois pour le bien-être de leurs visiteurs et la bonne conservation de leurs trésors. Qui aura les moyens de sauver les musées français ?