thejournalofsierraleonestudies.com

L’oeil de la rédaction. L’édito. Prix de l’essence : la classe moyenne, toujours sur la réserve

Accueil Economie ...

Depuis plusieurs semaines, le prix de l'essence focalise les esprits et fait monter la tention. Pêcheurs, agriculteurs, routiers, tous demandent des aides. Y compris les particuliers dits « gros rouleurs ». Aussi, le gouvernement a annoncé ce jour, une aide spécifique à l'attention de Monsieur et Madame Tout-le-Monde. Pas sûr, qu'ils aient été réellement entendus comme l'explique notre éditorialiste Sébastien Daucourt.

Sébastien Daucourt -

Aujourd’hui à 19:14

Depuis plusieurs jours, les queues se multiplient au pied des stations services, notamment celles TotalEnergies qui affichent des rabais à la pompe. Photo Séverine Kichenbrand

Depuis plusieurs jours, les queues se multiplient au pied des stations services, notamment celles TotalEnergies qui affichent des rabais à la pompe. Photo Séverine Kichenbrand

Le Français moyen de la classe moyenne n’a probablement pas écouté, ce mardi en fin de journée, les annonces gouvernementales supposées répondre à l’explosion du prix de l’essence. Le moyen ne se lance plus dans les simulations d’aides potentielles : il sait par expérience qu’il n’y gagnera rien, mais perdra vingt minutes. Le moyen, cette fois encore, avait raison : célibataire, il gagne 2050 euros net par mois (avant prélèvement à la source de son impôt sur le revenu), autant dire une fortune, et n’a toujours pas le droit au moindre coup de pouce.

C’est quand même pratique, dans une société, un moyen. Ça ne fait pas de bruit. Ou si peu. Ça possède suffisamment d’argent pour faire tourner l’économie, pas franchement assez pour épargner grand-chose. Mais ça reste docile, un moyen. Promettez-lui juste, lors de chaque campagne électorale puis à dose homéopathique, tous les trois à quatre mois environ (prescription renouvelable à volonté), que vous allez enfin prendre de vraies mesures en sa faveur, et vous obtiendrez un moyen silencieux à souhait.

Moyen

Le moyen est un dur au mal. Il sait souffrir en silence. Dans sa tête, c’est Bagdad, mais lui chuchote à peine. On le dit lâche, voire mou ? Il préfère se féliciter de rester lucide. Car il a conscience, le moyen, que les poches de l’État sont aussi vides que les siennes. Que beaucoup crèvent la dalle à côté de lui (ce serait donc moyennement classe de se plaindre).

Et puis, le moyen lit bien les études. Celle publiée en août dernier par l’Observatoire des inégalités est formelle : s’il touche plus de 1 748 € net, il a la chance, l’honneur, d’être moyen. S’ils le disent, c’est que c’est vrai.

Ces pensées en tête, après avoir déjà ravalé la déception de ne toujours pas être aidé pour payer son essence, le moyen va donc se coucher, en espérant dormir moyennement bien. Il le faut. Demain, pour aller bosser, il a de la route.

Articles les plus lusÉconomie