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L’oeil de la rédaction. L’édito. Censure et dissolution, le retour ?

Les soubresauts du monde. La dette qui s'alourdit chaque jour un peu plus. La bataille rangée annoncée pour l'Elysée. Il n'en faut pas plus pour cultiver le terreau d'une situation explosive, laquelle ne fait p...

Les soubresauts du monde. La dette qui s'alourdit chaque jour un peu plus. La bataille rangée annoncée pour l'Elysée. Il n'en faut pas plus pour cultiver le terreau d'une situation explosive, laquelle ne fait pas les affaires du Premier ministre en charge d'élaborer un budget pour 2027. Alors comment faire passer la pilule de 54 milliards d'économies, sauf à déclencher son siège éjectable avant l'heure ? La question est posée par notre éditorialiste.

Benoît Gaudibert -

Aujourd’hui à 19:05

Sébastien Lecornu a présenté son projet de budget. Lequel on s'en doute ne fait pas l'unanimité. Enfin si. Contre lui... Photo Nicolas Messayasz/SIPA

Sébastien Lecornu a présenté son projet de budget. Lequel on s'en doute ne fait pas l'unanimité. Enfin si. Contre lui... Photo Nicolas Messayasz/SIPA

« Les emmerdes, ça vole toujours en escadrille ». Sébastien Lecornu pourrait reprendre à son compte cette formule célèbre de Jacques Chirac. Entre la hausse des prix du carburant, le malaise des agriculteurs, la grogne sociale qui couve et les conflits internationaux qui s’éternisent, l’exécutif n’est pas épargné en cette rentrée. À cette avalanche de difficultés, est en passe de s’ajouter, une énième crise politique qui pourrait bien siffler la fin de la partie pour le Premier ministre. Sébastien Lecornu a levé le voile sur son projet de budget 2027, marqué par un « effort » de 54 milliards d’euros, dont ne voit pas bien comment il va parvenir à le faire adopter cet automne.

« Abracadabrantesque »

La gauche a déjà fait savoir qu’elle voterait la censure si le gouvernement, faute de majorité, était contraint de dégainer le 49.3. Le RN est moins catégorique, mais ses intentions ne font en réalité pas trop de doute : il y a fort à parier que l’extrême droite finira, si la situation se présente, par sanctionner la majorité. À quelques mois de la Présidentielle, aucun parti d’opposition ne voudra prendre le risque de donner le sentiment de soutenir la politique conduite par Matignon. A fortiori, si celle-ci implique de nouveaux efforts demandés aux Français, et notamment aux retraités, qui sont aussi des électeurs assidus en ces temps de forte abstention.

Si ce scénario que nombre de parlementaires jugent écrit d’avance se confirme, la France s’offrira donc une énième crise ruineuse pour ses finances et son image. Reste une ultime hypothèse en forme d’épouvantail, qui circule de manière récurrente dans les arcanes politiques : Emmanuel Macron pourrait-il, en cas de censure, décider de (re) dissoudre l’Assemblée ? À première vue, comme disait encore Chirac, le scénario paraît « abracadabrantesque ». Mais il y a au moins un point sur lequel les élus de tous bords sont d’accord : ce président est capable de tout…