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L’oeil de la rédaction. L’édito. Blocage des lycées : ce que la fumée nous empêche de voir

Cette journée de jeudi a été à nouveau marquée par le blocage de centaines de lycées partout en France. A côté de revendications légitimes pour améliorer le quotidien des établissements, la tension était palpable avec divers incidents qui sont survenus.

Cette journée de jeudi a été à nouveau marquée par le blocage de centaines de lycées partout en France. A côté de revendications légitimes pour améliorer le quotidien des établissements, la tension était palpable avec divers incidents qui sont survenus 

Sébastien Daucourt -

Aujourd’hui à 20:27

Photo Michael Desprez

Photo Michael Desprez

Comme si la fumée des poubelles qui crament, mélangée à celle des gaz lacrymogènes, n’était pas assez opaque pour invisibiliser totalement les revendications légitimes des lycéennes et lycéens, cette journée de jeudi a encore densifié le brouillard. On compte les interpellations, les blessés, les centaines de milliers d’euros de dégâts sans entendre les arguments de celles et ceux qui, dépossédés de leur mouvement, ne peuvent plus faire passer leurs messages et leurs doutes. Classes sans prof, locaux vétustes, un avenir décidé en partie par les algorithmes de Parcoursup : notre jeunesse a de quoi hurler. Mais certains font en sorte qu’on ne l’entende pas.

La faute, d’abord, à ces excités encagoulés, ces profiteurs de chaos surfant sur une atmosphère explosive pour saccager, cramer, agresser des policiers ou des proviseurs, et détruire tout ce qui passe devant leurs yeux emplis de haine et d’extase.

Un événement récupéré 

Mais tous les pyromanes n’ont pas de briquet à la main. Ils peuvent aussi être propres sur eux. Costard cravate, à visage découvert, ils arpentent les abords des lycées mégaphone à la main, ou les plateaux télé, sans aucune allumette en poche. Juste avec des phrases qui claquent en guise d’étincelles. Les pyromanes peuvent être maires, députés ou ministres. Ils peuvent accuser leurs opposants d’instrumentalisation alors qu’eux-mêmes sont précisément en train de jouer de la clarinette. Ils assurent vouloir éteindre l’incendie, tout en soufflant cyniquement sur les braises.

Une fois de plus, les pyromanes ont gagné. Les cagoules font les gros titres du 20 heures. Les cravates ont trouvé un nouveau prétexte pour diaboliser d’un côté, se victimiser et crier au complot de l’autre. Et à force de chercher qui a allumé l’incendie, plus personne ne regarde ce qui brûle.