L’oeil de la rédaction. Edito. Piratage des données du fisc : une faille et une faillite
Dans son édito du jour, Alexandre Poplavsky n’évoque pas seulement la faille que le piratage des données du Fisc a mis à jour. Il pointe du doigt la faillite de la Direction générale des finances publiques qui a cruellement manqué de transparence, notamment pour dissimuler la vulnérabilité de sa sécurité informatique.
Dans son édito du jour, Alexandre Poplavsky n’évoque pas seulement la faille que le piratage des données du Fisc a mis à jour. Il pointe du doigt la faillite de la Direction générale des finances publiques qui a cruellement manqué de transparence, notamment pour dissimuler la vulnérabilité de sa sécurité informatique.
Alexandre Poplavsky -
Aujourd’hui à 20:17
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Photo Michaël DESPREZ
Dès ce lundi, les 678 000 particuliers et entreprises dont les données ont été piratées sur le site impots.gouv.fr seront informés par la Direction générale des finances publiques (DGFiP) du préjudice dont ils ont été victimes. Les données dérobées portent, pour les particuliers, sur leurs noms et prénoms, le quotient familial, le revenu fiscal de référence et le taux de prélèvement à la source. L’administration fiscale a donc fini par confirmer cette cyberattaque massive survenue en juin. Le règlement européen imposait que la fuite soit renseignée dans les 72 h à la CNIL et par ricochets aux victimes. Or l’information n’a été rendue publique que mercredi. 24 h après sa revendication par un groupe de hackers. La DGFiP aurait dû communiquer en amont. Pour toute explication, elle invoque n’avoir pu déceler que l’attaque s’est traduite par le vol de données confidentielles. Ahurissant. Car elle concède à la fois la faille de son système mais aussi la faillite de ses contrôles qui, sans l’aveu des cybercriminels, ne lui aurait pas permis de mesurer l’ampleur du préjudice. Une autre option est qu’elle n’envisageait nullement de faire la publicité de ce scandale, histoire de dissimuler la vulnérabilité de sa sécurité informatique.
Enquête ouverte
Depuis que l’information est relayée, les syndicats du Fisc ne décolèrent pas. Car ils avaient alerté leur direction dès juin sur le risque de « piratage, d’usurpation d’identité ou d’hameçonnage ciblé ». Bref, ce n’est pas comme si leur direction n’était pas informée d’un risque de hacking de données sensibles. Outre toute la lumière à faire sur ce pillage d’ampleur, l’enquête ouverte doit cibler les auteurs, se baptisant « ZeroBytes » et dont le tableau de chasse comporte, entre autres, la Fédération française de handball et Intermarché. Ils revendiquent, d’ailleurs, avoir eu accès à une base du fisc de plus de 2 millions de personnes et assurent vouloir toujours revendre les données qu’ils sont parvenus à pirater.