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Afrique économie - L’industrie musicale africaine: en Afrique centrale, vivre des bars-dancings et prestations officielles [3/10]

Dans certains pays d’Afrique centrale, l’industrie musicale peine encore à prendre forme. Les droits d’auteurs se résument à peau de chagrin. Les revenus des artistes passent donc essentiellement par la monétisation de leurs prestations.

Dans certains pays d’Afrique centrale, l’industrie musicale peine encore à prendre forme. Les droits d’auteurs se résument à peau de chagrin. Les revenus des artistes passent donc essentiellement par la monétisation de leurs prestations.

« C'est à travers les concerts, les invitations officielles et nos partenaires. Mais on ne gagne pas vraiment d’argent via les plateformes de téléchargement », explique Ozaguin. Il est l’un des artistes les plus en vue de Centrafrique. Il vient de sortir un album et fait des scènes à Paris. Malgré tout, comme les autres, il a commencé par les orchestres. « Au début, ce n’était pas facile. Quand tu pars en concert, tu joues de 16 h à 23 h et on te paye 150, parfois 500 francs CFA à la fin du concert, donc moins d'un euro. On a patienté, persévéré », se souvient-il.

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Wasa, HTK, Facebook… Des endroits où performent les artistes centrafricains. « C’est moribond les droits d'auteur en Centrafrique. Les artistes vivent des programmations, des productions dans les bars-dancings, dans les snack-bars et puis également l'événementiel. C'est des opérations ponctuelles par rapport aussi aux festivités, par rapport aussi à la programmation tels que Tî-Ï Festival qui est initié par Idylle Mamba ou bien Bangui fait son cinéma », poursuit dans le même sens Alex Ballu, promoteur culturel à Bangui.

Aujourd’hui, Ozaguin est devenu un artiste convoité, pourtant ce sont toujours les prestations qui le font vivre. « Parfois, il y a des gens qui ont des bars-dancings qui nous sollicitent pour aller jouer, les sociétés privées aussi, et le gouvernement parfois, quand il y a des évènements officiels. Et c'est à travers ça qu’on gagne de l'argent pour financer nos projets », témoigne le chanteur.

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« La consommation de la chose artistique est assez faible »

Mêmes difficultés de l’autre côté de la frontière au Tchad. « C'est assez difficile globalement pour les artistes de pouvoir subsister à travers leur art », témoigne Manassé Nguinambaye Ndoa, promoteur culturel, directeur du festival NdjamVi. Il relie la situation au contexte économique général dans la région : « La consommation de la chose artistique est assez faible. On voit le côté faible pouvoir d'achat, la faible consommation de la chose culturelle locale. »

Il s’agit donc, comme en Centrafrique, de trouver des ressources. « Beaucoup d'artistes essaient de tenir le cap à travers les prestations diverses, que ce soit dans les bars, dans les centres culturels, dans les festivals, les prestations avec les ONG et pour les agences de commerce. Mais du côté des droits d'auteur, il reste beaucoup à faire », souligne Manassé Nguinambaye Ndoa. En dehors de la musique, beaucoup travaillent ou ont un petit business pour pouvoir joindre les deux bouts. 

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