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L’imbattable record de médiocrité de Lance Stroll en F1

Grâce à son coéquipier canadien Lance Stroll, le vétéran espagnol de l’écurie Aston Martin, Fernando Alonso, a établi cet été un record qui ne sera probablement jamais battu en formule 1.Cela se passait en juin...

Grâce à son coéquipier canadien Lance Stroll, le vétéran espagnol de l’écurie Aston Martin, Fernando Alonso, a établi cet été un record qui ne sera probablement jamais battu en formule 1.

Cela se passait en juin dernier en banlieue de Barcelone à l’occasion des qualifications du Grand Prix de Catalogne. Les commentateurs du réseau britannique Sky Sports semblaient éberlués lorsqu'ils ont constaté que Stroll était parvenu à signer un meilleur chrono qu’Alonso. Et pour cause!

C’était la première fois depuis le Grand Prix de Grande-Bretagne de 2024, disputé presque deux ans auparavant, que Stroll parvenait à devancer Alonso dans une séance de qualifications précédant un Grand Prix. Entre les deux, tenez-vous bien, Alonso avait battu Stroll… 42 fois de suite!

En F1, la meilleure façon d’évaluer le rendement d’un pilote consiste à comparer ses performances avec celles de son coéquipier. Cela va de soi puisque les deux utilisent des monoplaces identiques. Dans des circonstances normales, un pilote qui se fait nettement dominer par son partenaire est généralement sur le point de se retrouver au chômage. C’est ce qui explique pourquoi les rivalités sont souvent aussi intenses au sein des écuries.

Malgré un rendement digne des Generals de Washington – l’équipe qui s’incline systématiquement contre les Harlem Globetrotters depuis des décennies –, Stroll jouit toutefois d’une implacable sécurité d’emploi. Son père, le milliardaire Lawrence Stroll, est à la fois PDG et copropriétaire de l’écurie Aston Martin.

On ne reverra probablement jamais un pilote jouir d’un niveau de protection aussi déraisonnable en F1. En conséquence, on ne reverra probablement jamais une écurie patienter aussi longtemps avec un pilote aussi peu compétitif.


Stroll fait équipe avec Alonso depuis 2023. En 83 séances de qualifications, l’ancien champion du monde l'a emporté à 73 occasions, soit près de 88 % du temps.

La saison dernière, Max Vertappen (Red Bull) a aussi dominé ses coéquipiers 24-0 en qualifications, soit 22-0 contre Yuki Tsunoda et 2-0 face à Liam Lawson. À la conclusion du calendrier, malgré les forts appuis financiers et politiques dont Tsunoda bénéficiait de la part du motoriste Honda, le Japonais s’est évidemment retrouvé sans emploi. Ses résultats parlaient d’eux-mêmes.

Stroll complète présentement sa 10e saison en F1. Et incroyablement, il a été dominé par tous les coéquipiers réguliers qu’il a côtoyés depuis le début de sa carrière.


En s’attardant sur la trajectoire de la carrière de Stroll, il est difficile de ne pas s’interroger sur la culture organisationnelle de l’écurie Aston Martin.

Dans le monde du sport, peu importe la discipline, les organisations qui réussissent sont généralement celles qui s’attardent aux plus infimes détails et qui ne font aucun compromis en matière de préparation et de qualité. Aussi, les organisations qui réussissent sont généralement celles où le dialogue et la plus grande franchise sont valorisés.

Chez Aston Martin, tous les employés voient évidemment que le fils du grand patron n’est pas de taille. Mais il serait étonnant que Lawrence Stroll se le fasse dire entre quatre yeux. Par ailleurs, il serait intéressant de pouvoir mesurer quels sont les dommages collatéraux – la baisse de vigilance ou d’engagement – que ce laisser-aller provoque à l’interne.

Chose certaine, Aston Martin a vécu une véritable catastrophe cette saison. Malgré l’embauche du meilleur aérodynamicien de l’histoire, Adrian Newey, l’écurie a reçu de son motoriste Honda un bloc propulseur épouvantablement mauvais.

Mais peu importe la qualité du moteur, Stroll finit presque toujours derrière son coéquipier.

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