L’Europe du foot prépare son coup de force : “La crise de gouvernance est profonde”
Gianni Infantino traverse sans doute la période la plus délicate de son mandat. Quelques jours après l'abandon de son projet d'ouvrir le capital commercial de la Coupe du monde à des investisseurs privés, voilà...
Gianni Infantino traverse sans doute la période la plus délicate de son mandat. Quelques jours après l'abandon de son projet d'ouvrir le capital commercial de la Coupe du monde à des investisseurs privés, voilà que le président de la Fifa fait face à une nouvelle menace venue d'Europe.
Selon plusieurs sources, le patron de l'UEFA Aleksander Ceferin profitera de la Supercoupe d'Europe entre le PSG et Aston Villa, le 12 août, pour rencontrer Nasser al-Khelaïfi, président du Paris Saint-Germain et de l'European Club Association (ECA).
Les deux hommes évoqueraient un possible boycott de la Coupe du monde des clubs 2029 par les clubs européens. Un tel scénario reste toutefois loin d'être acquis. Pour qu'il devienne réalité, les quelque 850 clubs membres de l'ECA devraient s'accorder sur une position commune.
La Fifa espère pourtant agrandir l'épreuve à 48 équipes et lancer également une version féminine de la compétition.
Après dix ans de pouvoir sans partage, Gianni Infantino est plus fragilisé que jamais : "La question de son remplacement est désormais posée"Le front anti-Infantino se durcit
Pour Thierry Zintz, expert en pratiques sportives à l'UCLouvain, cette offensive n'a rien d'étonnant. "La façon dont ça se présente fait penser que Ceferin veut se poser en ange blanc qui va nettoyer la Fifa, au moment où il peut se placer de façon positive, analyse-t-il. Il cherche à apparaître comme celui qui va remettre de l'ordre dans une gouvernance qui, sur le terrain, s'est éloignée des principes d'éthique pourtant affichés par la Fifa."
Il rappelle que le football peut être commercialisé "sous certaines conditions", mais doit garder ses valeurs fondamentales, un argument éthique d'autant plus fort, selon lui, que "des documents remarquables en matière de gouvernance et d'éthique existent sur le site de la Fifa, mais sont bafoués sur le terrain, notamment par Infantino lui-même".
L'échec du projet de privatisation a considérablement fragilisé Gianni Infantino. "Il avait sorti un levier financier extrêmement incitatif. Aujourd'hui, cette arme n'existe plus. La crise de gouvernance est profonde et, dans ce type de situation, il y a souvent un fusible. J'ai l'impression qu'Infantino est devenu ce fusible."
Après les multiples polémiques, Gianni Infantino perd un allié de poids : Donald Trump est-il en train de lâcher le président de la FIFA ?Cette menace de boycott s'inscrit dans une stratégie plus large. Après les critiques de l'UEFA, de plusieurs confédérations et de nombreux dirigeants du football européen, les avertissements se multiplient.
Pour Thierry Zintz, il s'agit surtout d'un rapport de force. "Je vois mal la Coupe du monde des clubs ne pas avoir lieu tant les enjeux financiers sont gigantesques. Ces menaces sont avant tout un moyen de contraindre la Fifa à revenir à la table des négociations sur sa gouvernance."
En coulisses, la bataille dépasse désormais largement la seule Coupe du monde des clubs. Aleksander Ceferin ne briguerait pas lui-même la présidence de la Fifa si Gianni Infantino devait quitter ses fonctions, mais soutiendrait une éventuelle candidature de Nasser al-Khelaïfi.
Après Wenger, le numéro deux de la Fifa prend aussi ses distances avec Infantino suite à son projet controverséPour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.