L’été se livre. « La vie est un rêve » : l’audace féminine à l’honneur dans le nouveau roman de Brigite Piedfert
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« Le Garçon d’encre », Marie-Christine Chartier
Le garçon d’encre a été un best-seller dès sa sortie au Québec, dont est originaire Marie-Christine Chartier. L’écrivaine star aux 150 000 lecteurs nous transporte aux côtés de Maxine. Orpheline de mère, la jeune femme a fui son père six ans plus tôt. Elle se rend à ses funérailles, sans avoir eu l’occasion de lui dire adieu.
Maxine retrouve sa maison d’enfance, ses amis qu’elle a également abandonnés. C’est un choc. À la fin de la cérémonie, le notaire lui liste les dernières volontés de son père, pour toucher l’héritage : que Maxine vive deux mois auprès d’Alex. Ce jeune poète, mystérieux, au passé tout aussi douloureux, bouleverse ses repères… tout en l’aidant à faire son deuil.

« La vie est un rêve », Brigite Piedfert
Hiver 1870. Alors que la guerre franco-prussienne frappe aux portes du Havre, Edmond Dutilleul, jeune homme fortuné, rachète sur un coup de tête deux presses provenant de la faillite d’un hebdomadaire d’opinion, Les Nouvelles du Havre. Poussé par un brin de culpabilité, il faut bien le reconnaître. Car à l’époque, il s’était impliqué financièrement dans ce projet, avant d’en oublier l’existence même. D’avertissements en amendes, « car critiquer Napoléon III n’est jamais sans conséquences », avant carrément une interdiction de paraître, l’imprimeur s’était finalement ruiné en trois ans avant de mourir d’épuisement.
Outre les presses dont il ne sait que faire, Edmond Dutilleul découvre de vieux journaux jaunis : des exemplaires de La Gazette des dames, un mensuel pour femmes lancé par l’épouse de l’imprimeur en 1851, mais qui avait périclité un an plus tard. Outre le fat que les femmes « n’étaient pas autorisées à signer leurs articles », la censure étranglait les journaux féminins : à eux seulement les bonnes mœurs, l’éducation des enfants et la tenue du foyer. Alor que La Gazette des dames parlait « d’émancipation, d’égalité dans le travail. »
Mais l’idée – bien qu’inimaginable pour l’époque – fait son chemin dans l’esprit d’Edmond : créer un journal culturel et d’information entièrement composé et écrit par des femmes, destiné aux femmes. Et il s’appellera Le Flambeau des dames. Mais encore faut-il trouver des rédactrices… Et vaincre les nombreuses oppositions qui ne manquent pas de fleurir autour de ce projet. À commencer par celle des typographes, « un métier d’homme ! » S’entourant de femmes venues de tous horizons, à qui il offre un espace de parole et de liberté, Edmond se lance dans l’aventure. Mais leurs idéaux pourront-ils survivre dans un monde en guerre ?
Un magnifique roman d’une grande justesse sur l’audace et l’émancipation féminine, sur l’engagement et la passion. Qui vous fera aussi revivre la grande Histoire à travers les yeux de femmes (et d’un homme) bien décidées à aller au bout de leurs rêves.

« Méfiez-vous des morts », Nathalie Marquay-Pernaut
Angèle, influenceuse issue d’une famille célèbre, voit sa vie basculer lorsque ses parents, une ancienne Miss Beauté à la tête d’un prestigieux comité et le patron d’une grande chaîne de télévision, décèdent dans un accident de la route au retour d’un gala de bienfaisance. Mais alors que l’enquête de police révèle que leur voiture a été trafiquée., des signes venus de l’au-delà – le parfum de sa mère flottant devant le cercueil, un papillon apparaissant devant sa voiture, son surnom prononcé à la télévision… – persuadent Angèle que sa mère cherche à entrer en communication avec elle pour la guider vers la vérité. Malgré le scepticisme de son entourage, la jeune femme se plonge à corps perdu dans une quête à la frontière du rationnel et de l’invisible. Bien décidée à retrouver le meurtrier de ses parents.

« Là où naissent les tempêtes, la face cachée de l’odyssée », Kalypso Caldin
Calista en est persuadée : sa destinée est ailleurs. Et non pas comme servante sur l’île de Circé ; là où s’est échoué le bateau sur lequel elle voyageait avec ses parents. Là où ces derniers ont été transformés en bêtes et dévorés par la sorcière. Qui ne garde près d’elle ni les adultes, ni les garçons. Alors le jour où le navire d’Ulysse met les voiles vers Ithaque, la jeune fille embarque clandestinement à bord, prête à affronter pirates et bateaux de guerre, à provoquer Poséidon et à risquer la colère de Circé, plutôt que de rester son esclave. Mais une fois à bord, elle découvre que ce voyage est maudit et que pour empêcher Ulysse de rentrer chez lui, les dieux sont prêts à tout. Une fois sa présence découverte, Calista va devoir faire face à l’hostilité de l’équipage, notamment celle de Drakos, le maître d’armes. Il va lui falloir prouver sa valeur et son utilité. Et Calista veut aussi apprendre à se battre…

« La Picardie charnelle », Elise Sultan-Villet
Les Picards sont grivois, libertins, sensuels et parfois même provocants. Grâce aux recherches d’Elise Sultan-Villet, agrégée de philosophie qui a fait une thèse sur le roman libertin, vous allez découvrir bien des facettes des personnalités de nos contrées picardes ! Trente-sept petits textes mettent en lumière les facéties charnelles liées à des personnages célèbres, des objets ou à des lieux. Évidemment, on retrouve sans surprise l’illustre Choderlos de Laclos et ses « Liaisons dangereuses », l’Abbé Prevost et son scandaleux « Manon Lescaut », mais on découvre aussi les contes libertins de La Fontaine, les baisers fougueux de Camille Claudel, un chansonnier péronnais, des poètes érotiques ou les mœurs légères de Ch’Lafleur. L’auteure nous régale de ces références et analyses et nous livre des extraits qu’elle a dénichés. Elle nous réjouit en racontant le succès de la Joconde nue exposée à Chantilly, de la sensuelle statuette de la Venus de Renancourt ou quand elle nous raconte l’histoire de Marie sans chemise sur son horloge amiénoise. Un petit livre aussi érudit qu’amusant pour une parenthèse hédoniste.

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