“L’État doit vraiment prendre son mandat de la sécurité interne au sérieux”: le patron d’Axa prévient que les assureurs pourraient ne plus pouvoir indemniser les sinistrés si les violences urbaines se répètent
Le directeur général du premier assureur de France a estimé que les assureurs pourraient ne plus être financièrement en capacité d'indemniser les sinistrés en cas de répétitions des violences urbaines comme celles de ce week-end. Il appelle l'État à jouer son rôle en matière de sécurité.
"L’État doit vraiment prendre son mandat de la sécurité interne au sérieux": le patron d'Axa prévient que les assureurs pourraient ne plus pouvoir indemniser les sinistrés si les violences urbaines se répètent
Publié aujourd'hui à 20h47
Lire dans l'appLe directeur général du premier assureur de France a estimé que les assureurs pourraient ne plus être financièrement en capacité d'indemniser les sinistrés en cas de répétitions des violences urbaines comme celles de ce week-end. Il appelle l'État à jouer son rôle en matière de sécurité.
Face aux dégradations et pillages de plus de 3.000 commerces ce week-end, Thomas Buberl tire la sonnette d'alarme. Invité de BFM Business ce lundi à l'occasion des "dialogues de l'économie", le directeur général d'Axa est revenu sur le rôle des assureurs en réponse aux violences urbaines des derniers jours:
"L'assurance peut aider dans la réparation. Si ça arrive une fois on peut aider à réparer. Mais si ça se répète, l’assurance n’est pas là pour protéger. L’État doit vraiment prendre son mandat de la sécurité interne au sérieux" pour qu'il n'y ait pas de "deuxième ou troisième week-end comme cela", a-t-il dit.
À défaut, les assureurs pourraient-ils se retrouver dans l'impossibilité d'indemniser les sinistrés? "Bien sûr", a répondu Thomas Buberl. "On assure tout le temps mais l’assureur doit aussi être financièrement capable de tenir dans la durée et aujourd’hui on paie tous des impôts pour qu’on soit protégés par les policiers, et les gendarmes (...) L’État doit tirer les leçons de ce week-end pour que ça ne se reproduise pas", a-t-il poursuivi.
Des premières mesures annoncées par les assureurs
Interrogé sur l'intention ou non des assureurs de se retourner en justice contre l'État, le dirigeant a rétorqué: "On pourrait, mais cela sert à quoi? On est tous dans le même bateau, on a tous la volonté que ça ne se reproduise pas une deuxième fois et au lieu de se battre il faut plutôt (...) voir ce qu'on peut faire ensemble".
Thomas Buberl a également annoncé des mesures prises "dès ce week-end" par Axa pour soutenir ses clients touchés. Le délai pour déclarer un sinistre passe ainsi de 5 à 30 jours et "on va payer tout de suite une somme indépendante des expertises pour que les gens puissent se remettre en route", a-t-il dit. En outre, "pour les cas très difficiles, on a lancé un fonds de solidarité pour aider les gens au-delà de la couverture assurantielle".
Plus largement, les assureurs français ont dévoilé plusieurs dispositifs ce lundi alors que la facture des violences est estimée à plusieurs centaines de millions d'euros. Dans un communiqué publié ce lundi 19 octobre, France Assureurs a notamment annoncé un rallongement des délais de déclaration, des indemnisations accélérées, et des versements d'acomptes facilité… Avec l'objectif de permettre aux sinistrés de faire face aux premières dépenses et de reprendre leur activité le plus rapidement possible.
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