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REPORTAGE. “L’escargot nous indique que le feu s’est propagé dans ce sens-là” : comment la cellule de recherche des causes et circonstances des incendies enquête-t-elle ?

En France, 128 personnes ont été interpellées, soupçonnées d'avoir causé des incendies a annoncé Laurent Nuñez, le ministre de l'Intérieur. Des arrestations possibles grâce au travail des équipes spécialisées, qui arrivent quelques heures après qu'un incendie est éteint.

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Radio France

Publié le 24/07/2026 07:20

Temps de lecture : 2min

Dans les Pyrénées-Orientales, l'adjudant Yoann enquête sur traces du feu pour en découvrir l'origine. (CAROLINE FÉLIX / RADIO FRANCE)
Dans les Pyrénées-Orientales, l'adjudant Yoann enquête sur traces du feu pour en découvrir l'origine. (CAROLINE FÉLIX / RADIO FRANCE)

En France, 128 personnes ont été interpellées, soupçonnées d'avoir causé des incendies a annoncé Laurent Nuñez, le ministre de l'Intérieur. Des arrestations possibles grâce au travail des équipes spécialisées, qui arrivent quelques heures après qu'un incendie est éteint.

Comment savoir ou a démarré l'incendie dans l'immense champ, désormais noir et gris ? Pour déterminer le lieu de départ et la cause d'un sinistre, la cellule de recherche des causes et circonstances des incendies enquête. Il s'agit d'une équipe de gendarmes, pompiers, forestiers, qui font méticuleusement parler les cendres. Démonstration avec l'adjudant Yoann, gendarme à la cellule identification criminelle de Perpignan. Il enquête sur un feu datant de début juillet, à Saint-Laurent-de-la-Salanque, dans les Pyrénées-Orientales, département très exposé aux incendies.

La première chose à faire, déterminer les flancs de ce feu. "Ici, on a le feu qui s'est arrêté un peu en bordure. Et là, si on regarde ici, pareil, le feu s'est propagé à droite" explique l'adjudant Yoann. "C'est comme un V. On va aller à l'intérieur du V pour trouver le sens de propagation du feu".

L'incendie s'est-il propagé plutôt par la gauche ou par la droite ? La réponse se trouve au sol. "Tenez, là on a un escargot" désigne le gendarme. "Regardez, ce que nous montre le côté gauche. Il est tout noirci par la suie. Et celui-là, il est clair encore. Ça nous indique que le feu s'est propagé dans ce sens-là". Le feu noirci la coquille par le côté où il arrive, il faut donc aller à gauche.

L'adjudant Yoann pose un drapeau pour indiquer le sens de propagation du feu. (CAROLINE FÉLIX / RADIO FRANCE)
L'adjudant Yoann pose un drapeau pour indiquer le sens de propagation du feu. (CAROLINE FÉLIX / RADIO FRANCE)

"On met le drapeau avec le sens de propagation. C'est comme remonter une pelote pour arriver à l'origine", détaille l'adjudant Yoann. Les coquilles d'escargots sont nombreuses et très utiles, parce qu'ils font "partie des seuls animaux qui ne peuvent pas partir très vite quand il y a le feu. Et la coquille résiste" aux flammes.

D'escargot en cailloux, l'enquêteur progresse à travers le champ jusqu'à des traces qui montrent un autre sens du feu, contre le vent. "Quand les deux vont se rejoindre, on sera sur une zone probable d'origine de départ de feu" analyse le gendarme. Lorsque l'on arrive à cet endroit, l'adjudant détermine une zone "d'éclosion" d'environ 10 mètres carrés, en bord de route. Reste à trouver l'élément déclencheur, comme un mégot.

"La zone de départ du feu, ce n'est pas la zone où le feu est le plus violent, donc on peut aussi retrouver des mégots sur place"

L'adjudant Yoann, gendarme à la cellule identification criminelle de Perpignan

à franceinfo

Cette fois-ci, il n'y a rien, reste des hypothèses. "On est à proximité d'une route, on peut penser à un jet de mégot, on a trouvé des canettes qui étaient sur le chantier" poursuit l'adjudant. "Ce sera aux enquêteurs de s'attacher à essayer de trouver, par le biais d'enquêtes de voisinage, de téléphonie, de vidéo, ce qui a pu se passer à ce moment-là".

Pour ce travail d'étude du terrain, ils sont six : deux gendarmes, deux forestiers et deux pompiers. "On a des investigations qui peuvent durer sur plusieurs jours. Il y a des journées où on peut marcher une bonne dizaine de kilomètres dans la zone brûlée. On n'a pas d'ombre qui fait très chaud. En général, quand on fait des investigations comme ça, on se laisse une pause d'un jour ou deux, sinon ça devient trop dur. Et quand on est trop fatigué, on ne voit pas bien les choses" raconte l'adjudant Yoann.

Pour ce travail d'étude du terrain, ils sont six : deux gendarmes, deux forestiers et deux pompiers. (CAROLINE FELIX / FRANCEINFO)
Pour ce travail d'étude du terrain, ils sont six : deux gendarmes, deux forestiers et deux pompiers. (CAROLINE FELIX / FRANCEINFO)

Ils s'aident aussi de nouvelles caméras sur les tours de guets. Elles filment à dix kilomètres à la ronde. "Pour le feu de Trévillach, on a pu trianguler grâce aux différentes caméras pour remonter sur une zone qui était intéressante et dans laquelle on a pu travailler pour rechercher l'origine", explique-t-il encore. Les enquêteurs s'appuient également sur les images des hélicoptères bombardiers d'eau.