L’escalade sans fin des violences au Moyen-Orient et en Mer Rouge fait craindre un choc énergétique majeur
Avec le blocage du détroit de Bab el-Mandeb, la tension monte d’un cran entre les États-Unis et l’Iran et ses alliés houthistes. Le secrétaire général de l’ONU et plusieurs pays européens s’alarment de cette subite montée de tensions.
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Avec le blocage du détroit de Bab el-Mandeb, la tension monte d’un cran entre les États-Unis et l’Iran et ses alliés houthistes. Le secrétaire général de l’ONU et plusieurs pays européens s’alarment de cette subite montée de tensions.
Les mots commencent à manquer pour qualifier la Guerre au Moyen-Orient. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres juge la situation « hors de contrôle » et « au bord de l’inimaginable ». Suite à des échanges de menaces entre les États-Unis et l’Iran, qui augurent une escalade sans fin des frappes, les alliés houthistes de l’Iran ont décidé de bloquer le détroit de Bab el-Mandeb. Ce passage, notamment utilisé par l’Arabie saoudite pour continuer d’exporter son pétrole sans avoir à emprunter le détroit d’Ormuz, grâce à un oléoduc qui traverse son pays d’Est en Ouest.
Le cessez-le-feu s’éloigne
L’Allemagne s’est dite « très inquiète » après les attaques contre des pétroliers saoudiens en mer Rouge, revendiquées par les rebelles houthis du Yémen, qui « laissent présager une escalade possible » du conflit au Moyen-Orient, a réagi ce jeudi le ministre allemand de la Défense. La situation évolue « clairement dans la mauvaise direction », a déclaré Boris Pistorius, estimant qu'« actuellement, rien, absolument rien, ne laisse penser qu’un cessez‑le‑feu, et encore moins une paix, puisse être conclu » dans la région.
Berlin a ensuite annoncé retirer deux navires militaires positionnés près de la mer Rouge. Le chasseur de mines « Fulda » et le navire ravitailleur « Mosel » avaient été envoyés à Djibouti en vue d’une éventuelle mission de déminage dans le détroit d’Ormuz, subordonnée à la conclusion d’un accord entre les États-Unis et l’Iran, mais ils vont désormais être redéployés en Méditerranée en raison de « la situation politique instable » dans la région, a indiqué le ministère allemand de la Défense.
Le ministère britannique des Affaires étrangères a de son côté « fermement » condamné les attaques des rebelles houthis du Yémen en mer Rouge, jugeant qu’il s’agit d’une « violation grave du droit international ». « Ces actions irresponsables mettent des vies en danger, font courir le risque d’une catastrophe environnementale et compromettent la stabilité régionale, en violation grave du droit international », a indiqué sur X le Foreign Office, ajoutant se tenir « aux côtés de l’Arabie saoudite ».
Le risque d’un choc énergétique
Au-delà des considérations environnementales et des vies humaines en jeu, c’est bien le risque d’un choc énergétique et d’une catastrophe économique qui sont craints. Ce jeudi, le baril de pétrole de Brent a dépassé les 100 dollars. La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, redoute une inflation galopante : « Le choc énergétique pourrait s’intensifier, et ses effets sur les prix et les salaires pourraient être plus forts que prévu ».
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« S’ils (les Houthis) recommencent, les États-Unis tiendront l’Iran pour responsables (…) et une punition militaire majeure sera infligée à l’Iran et, bien sûr, aux Houthis », a prévenu le président américain ce jeudi.