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L’enseignement francophone est-il sous-financé ?

La Belgique est le quatrième pays qui dépense proportionnellement le plus pour son enseignement. L'État fédéral n'a par ailleurs plus de marge pour soulager les finances des Communautés.

Les mesures d'économie qui ont frappé l'enseignement – avec d'autres départements dépendant de la Fédération Wallonie-Bruxelles – trahissent-elles un sous-financement structurel de ses compétences ? Pour le dire autrement, les dotations dont elle bénéficie sont-elles trop faibles pour répondre à ses besoins ? La question est sensible. Elle n'a toutefois pas de réponse claire pour Maxime Fontaine, chercheur au département d'économie appliquée de l'ULB.

"En 2021, expose-t-il, nous avons réalisé une étude qui a montré l'existence d'un déficit structurel en communauté française – tout comme d'ailleurs en communauté flamande. Mais il ne nous est pas possible de dire si ce déficit est dû à un sous-financement structurel ou, plutôt, à une sur-dépense de la part des communautés. Il faudrait évaluer les besoins pour trancher cette question."

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Et de citer en exemple la Communauté germanophone qui considérait qu'elle était sous-financée parce que sa dotation est prévue pour avoir 25 élèves par classe alors que le standard qu'elle était parvenue à atteindre était de 15 élèves par classe. Elle avait pu atteindre cette norme d'encadrement en allant puiser dans le budget qu'elle avait négocié avec la Région wallonne pour gérer la compétence de l'Emploi et dont elle n'avait pas vraiment besoin vu la situation de quasi plein-emploi. "Évidemment, si on dit qu'il faut 5 élèves par classe, on va vite considérer que l'enseignement est sous-financé. Au final, c'est une question de choix politiques dans une enveloppe budgétaire forcément limitée. Le problème en Belgique, c'est que ces choix politiques sont rendus plus complexes et moins lisibles à cause de l'enchevêtrement des niveaux de pouvoir."

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En quatrième position

Les comparaisons peuvent cependant donner un point d'appui à la réflexion. Les chiffres de l'institut européen de statistiques Eurostat indiquent que les dépenses d'enseignement représentaient en 2021 6,26 % du PIB. Cela plaçait la Belgique en quatrième position des pays de l'Union qui dépensent en moyenne l'équivalent de 4,86 % de leur Produit intérieur brut pour leur enseignement, juste derrière les seuls Danemark, Islande et Suède. Mais, comme on l'a vu par ailleurs, le niveau de dépenses dans l'école était proportionnellement plus important en Flandre qu'en Fédération Wallonie-Bruxelles.

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La question d'un éventuel refinancement, réclamé par certains enseignants dans la rue, doit dès lors être considérée dans son ensemble. Les Régions wallonne et bruxelloise sont asphyxiées. L'État fédéral aussi. "Le Budget fédéral, explique Maxime Fontaine, c'est 37 milliards avec un déficit réel qui tourne autour de 32 milliards. Il n'a presque plus d'argent véritable pour ses propres politiques, la Justice, la SNCB, l'Aide au développement, etc. Il ne reste rien, à part aller chercher de l'argent dans la sécurité sociale. Alors que la facture du vieillissement, du réarmement face aux tensions dans le monde et des autres grands enjeux de demain, c'est le fédéral qui devra la supporter. Je ne crois donc pas qu'il faille s'attendre à ce qu'il y ait un refinancement des Régions et des Communautés par le Fédéral."

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