L’assistant parlementaire de Jordan Bardella repéré à une manifestation anti-avortement
Le média d’investigation « Les Jours » dresse le portrait d’un collaborateur ouvertement anti-IVG de l’eurodéputé et président du RN. FREDERICK FLORIN / AFP Repéré par « Les Jours », Etienne Duhazé,...
Le média d’investigation « Les Jours » dresse le portrait d’un collaborateur ouvertement anti-IVG de l’eurodéputé et président du RN.

FREDERICK FLORIN / AFP
Repéré par « Les Jours », Etienne Duhazé, assistant de Jordan Bardella au Parlement européen, a participé à une manifestation anti-avortement en avril 2026. (Photo by FREDERICK FLORIN / AFP)
Y aurait-il des « brebis galeuses » jusque dans l’équipe parlementaire du président du RN ? Si Jordan Bardella se plaît à défendre un certain libéralisme sociétal au sein du Rassemblement national - se démarquant notamment de la revenante Marion Maréchal -, la réalité est bien plus ambiguë. En atteste l’enquête des Jours, qui ont démasqué parmi les proches de l’eurodéputé, un collaborateur opposé à l’IVG, et qui ne s’en cache surtout pas.
Selon le média d’investigation, qui a travaillé en partenariat avec l’association britannique Hope not hate, Étienne Duhazé, conseiller de Jordan Bardella depuis 2023 au Parlement européen, a participé à une manifestation anti-avortement à Bruxelles le 19 avril dernier.
Une marche dans la capitale belge où l’on entendait des slogans tels que « Hier l’avortement, aujourd’hui l’euthanasie, demain… toi ? Défends la vie ! Défends ta vie ! ». Et cette présence n’est, semble-t-il, pas due au hasard.
Un séjour outre-Atlantique qui en dit long
Un an plus tôt, le même Étienne Duhazé était, encore selon Les Jours, de l’autre côté de l’Atlantique pour rencontrer des grands noms du mouvement américain « pro-Life » (comprendre anti-IVG), tels que Marc Wheat et Brian S. Brown, des figures tout aussi réactionnaires sur la contraception que les droits LGBT+. Leurs organisations respectives ont d’ailleurs joué un rôle majeur dans l’annulation de l’arrêt « Roe v. Wade », qui consacrait le recours à l’IVG aux États-Unis jusqu’en 2022.
Les convictions rétrogrades du collaborateur de Jordan Bardella s’affichent aussi sur ses réseaux sociaux, notamment sur LinkedIn, où Les Jours ont découvert qu’il suivait l’ADF, pour Alliance Defending Freedom, une association américaine de lutte contre l’avortement.
Difficile pour Jordan Bardella - qui n’a d’ailleurs pas répondu à nos confrères - de plaider l’argument de « la brebis galeuse. » Comme le rappelle le média d’investigation, d’autres proches du président du RN ont déjà été épinglés pour leurs idées à rebours de celles affichées par le parti. C’est le cas du chef de cabinet de Jordan Bardella, Arthur Perrier, qui avait saccagé en 2019 un village associatif avec des stands LGBT+. Comme le rappellent Les Jours, l’ancien zemmouriste condamné en première instance a ensuite été relaxé en appel.
Ambiguïté jusque dans les votes
Au-delà de son entourage, les votes de Jordan Bardella à Strasbourg illustrent aussi l’étendue du gouffre qui existe entre les déclarations du président du RN et son action réelle pour (ou contre) les femmes. S’il s’est officiellement « réjoui » de l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution en France, le président du RN s’est dans le même temps abstenu lors d’un vote visant à faciliter l’accès à des avortements sûrs à toutes les femmes européennes, comme Le HuffPost vous l’expliquait il y a un an.
Autre illustration de cette incohérence, une abstention (encore une !) de Jordan Bardella sur une résolution visant à lutter contre les écarts de rémunération entre les hommes et les femmes, en 2020. Des votes souvent expliqués par le fait que ces sujets ne seraient, pour le parti, pas du ressort de l’UE. Mais c’est à se demander si Jordan Bardella ne serait finalement pas (trop) bien conseillé.