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L’argument d’Édouard Geffray pour défendre l’arrêt des études après le bac ne tient pas

Les études sur l’insertion des jeunes montrent, à rebours du discours du ministre de l’Éducation, que le diplôme reste une valeur sûre pour trouver du travail. Alain DENANTES / Gamma-Rapho via Getty I...

Les études sur l’insertion des jeunes montrent, à rebours du discours du ministre de l’Éducation, que le diplôme reste une valeur sûre pour trouver du travail.

Des lycéens découvrent leurs résultats au baccalauréat en juillet 2024.

Alain DENANTES / Gamma-Rapho via Getty Images

Des lycéens découvrent leurs résultats au baccalauréat en juillet 2024.

« Il faut peut-être qu’on sorte collectivement du mirage 'du tout le monde doit avoir un master pour (trouver) un boulot (...)'. Il faut peut-être mieux appuyer les métiers de production, les métiers techniques », a estimé, ce jeudi 10 septembre, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray, interrogé au micro de RMC sur la place du baccalauréat en France.

« Il ne faut pas que culturellement, on court tous après les études supérieures », a encore jugé Édouard Geffray, après que le ministre de l’Enseignement supérieur a déclaré, plus tôt dans la journée, que « la question de la place du baccalauréat est une question qui doit être discutée au moment de la présidentielle ».

Or, selon une étude parue en juillet du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq), le diplôme joue toujours un « rôle protecteur déterminant sur le marché du travail », malgré la massification des études supérieures.

En comparant six cohortes de jeunes sortant du système scolaire sur la période 2004-2024, les auteurs ont constaté que le taux de chômage des diplômés du supérieur n’a jamais franchi le seuil de 15 %, quand celui des sortants du secondaire « l’a systématiquement dépassé ».

« La confirmation du rôle protecteur du diplôme souligne en regard la situation de ceux qui en sont dépourvus, les jeunes sortis sans diplôme restant les derniers dans la file d’attente pour accéder aux emplois », a conclu l’étude.

Le Sénat préconise la suppression du droit d’accès aux études des bacheliers

Le discours d’Édouard Geffray va de pair avec celui du ministre de l’Enseignement supérieur, qui s’est exprimé au lendemain de la publication du rapport sénatorial sur l’excellence académique à l’université. Celui-ci a préconisé de supprimer le droit d’accès automatique aux études supérieures des bacheliers.

Les « taux de poursuite d’études post-bac sont extrêmement élevés, avec des gens qui ne sont pas forcément suffisamment formés pour faire des études », ce qui « amène après à des taux d’échec qui sont considérables en licence », a estimé Philippe Baptiste.

« On demande aujourd’hui à nos universités l’impossible, c’est-à-dire de prendre des étudiants qui ont des profils extraordinairement variés et de les faire tous réussir », a-t-il ajouté, citant en particulier les bacheliers professionnels. Le ministre s’est ensuite dit favorable à « des années de propédeutique, de rattrapage post-bac, pour un certain nombre de bacs en tout cas ».

L’autre proposition phare du rapport sénatorial consiste à multiplier par cinq les droits d’inscription à l’université pour tous les étudiants. Mais le ministre de l’Enseignement supérieur s’est dit « farouchement opposé » à une augmentation pour « tout le monde ».

« Soit l’État réinvestit massivement dans l’enseignement supérieur, c’est probablement plusieurs milliards d’euros qu’il faut mettre chaque année (...). L’autre option, c’est de dire qu’en fonction de vos revenus, peut-être qu’il y a des contributions qui peuvent être supérieures », a avancé Philippe Baptiste.