“L’argent vote avec ses pieds”: JP Morgan et Citigroup mettent en garde le gouvernement britannique en cas de hausse des taxes sur les bénéfices colossaux des banques
Jamie Dimon, le patron de la banque américaine JP Morgan, a prévenu le ministre des Finances britannique qu'une hausse des impôts sur les bénéfices des banques, très élevés cette année, pourrait provoquer des délocalisations d'emplois.
"L'argent vote avec ses pieds": JP Morgan et Citigroup mettent en garde le gouvernement britannique en cas de hausse des taxes sur les bénéfices colossaux des banques
Publié aujourd'hui à 13h12
Lire dans l'appJamie Dimon, le patron de la banque américaine JP Morgan, a prévenu le ministre des Finances britannique qu'une hausse des impôts sur les bénéfices des banques, très élevés cette année, pourrait provoquer des délocalisations d'emplois.
Jamie Dimon, le patron de la puissante banque américaine JP Morgan, tente de dissuader le nouveau gouvernement britannique d'augmenter les taxes sur les établissements bancaires dans son prochain budget, rapporte le Financial Times. Lors d'un appel téléphonique, cette figure de Wall Street a estimé auprès de John Healey, le chancelier de l'Échiquier (le titre officiel du ministre des Finances), qu'une hausse des impôts pourrait entraîner des délocalisations d'emplois dans ce secteur important pour l'économie du pays.
À l'inverse, le Congrès des syndicats britanniques (TUC) presse l'exécutif de cibler les profits considérables récemment enregistrés par les banques, afin de financer des mesures de soutien au pouvoir d'achat. Les banques britanniques sont aujourd'hui soumises à un taux d'imposition sur les sociétés de 28%, contre un taux standard de 25%. Le Congrès des syndicats propose de rehausser cette surtaxe, pour des recettes estimées entre 28 et 70 milliards d'euros sur quatre ans. Le mois dernier, Jamie Dimon avait déjà essayé de décourager l'exécutif britannique de s'engager dans cette voie.
"L'idée de 'taxer les banques' peut paraître séduisante (...). Je pense simplement que ce genre de mesures a des conséquences néfastes", avait-il déclaré lors d'une interview accordée au podcast The Master Investor.
La banque américaine a aussi pris soin de mentionner que la construction de son nouveau siège dans le quartier d'affaires de Canary Wharf était conditionnée à un "environnement commercial toujours positif au Royaume-Uni". Le patron de JP Morgan n'est pas le seul à faire pression. La directrice de Citigroup a elle aussi fait part de son "inquiétude". "L'argent vote avec ses pieds. Je ne veux pas voir Londres se dégrader", a lancé Jane Fraser, lors d'une conférence de presse, suivie par le journal The Times.
Des profits en nette hausse
Les bénéfices des principales banques britanniques ont considérablement grimpé ces derniers mois. Au deuxième trimestre, les profits de HSBC ont par exemple augmenté de 60% pour atteindre 10 milliards de dollars (8,6 milliards d'euros). Lors des six premiers mois de l'année, les bénéfices cumulés des autres grandes banques du pays comme Barclays ou Natwest se sont élevés à plus de 40 milliards de dollars, note Bloomberg. De son côté, JP Morgan a dévoilé mi-juillet un bénéfice record, le plus élevé jamais réalisé par une banque américaine en un trimestre, à 21,2 milliards de dollars (18,3 milliards d'euros).
"Les grandes banques s’enrichissent considérablement grâce à la hausse des taux d’intérêt et à la crise des emprunteurs hypothécaires dans tout le pays. Elles peuvent largement se permettre de payer plus d’impôts", a estimé le patron du Congrès des syndicats (TUC).
Pour l'heure, le gouvernement n'a ni infirmé ni confirmé cette piste. "Les décisions en matière de fiscalité relèvent de la compétence du chancelier, qui doit les annoncer lors des réunions budgétaires, plutôt que de commenter systématiquement les propositions formulées", a réagi le Trésor dans un communiqué.
La croissance ralentit
Depuis son arrivée au pouvoir, Andy Burnham a annoncé des baisses d'impôts pour les particuliers, en commençant par alléger la TVA sur l'électricité, alors que le pouvoir d'achat des Britanniques a été durement entamé ces dernières années par une inflation qui a culminé à des niveaux inédits.

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En parallèle, la croissance a ralenti au deuxième trimestre, tout en restant "relativement solide", selon l'Office national des statistiques (ONS). "La faiblesse attendue de la croissance du PIB au second semestre risque de compliquer l'exercice d'équilibriste du Chancelier lors de la présentation du budget", selon Suren Thiru, chef économiste de l'Institut des experts-comptables d'Angleterre et du Pays de Galles (ICAEW).