L’ancienne école RTG, rue Eloi Fouarge à Saint-Georges, va être rasée : “On ne sait par contre pas encore ce qu’on va faire du site”
Abandonné depuis des années, l'ancien site scolaire de la rue Eloi Fouarge à Saint-Georges sera rasé. De l'amiante, dans un des bâtiments, nécessitera l'intervention d'une société spécialisée.
De l'avis même de l'échevin en charge de la Communication à Saint-Georges, Julien Madani, "c'est un coup de poing dans l'œil" dans la commune. C'est vrai que les bâtiments de l'ancienne école RTG (acronyme venant des trois architectes : Reubsaets, Thibaut et Gilles), construits dans les années 1960 et abandonnés depuis quelques années et à peine dissimulés à la vue des riverains et des passants par une haie, ne sont pas ce qu'il y a de plus beau. Mais il se pourrait bien qu'ils disparaissent bientôt du paysage. Explications.

Occupés pendant des décennies par des écoliers de maternelle et de primaire, les anciens préfabriqués de la rue Eloi Fouarge ont été désaffectés en tant que bâtiments scolaires en 2017-2018, mais ont continué à abriter la garderie scolaire, gérée par l'ASBL La Galipette, pendant quelques mois. "Quelques cours de promotion sociale ont également été dispensés dans les bâtiments durant cette période", précise encore Julien Madani.
Mais voilà, moins fréquentée qu'auparavant et ses bâtiments étant (de plus en plus) vieillissants, l'école a été fermée et les derniers écoliers renvoyés vers d'autres implantations saint-georgiennes ou de communes voisines. Vu l'offre en la matière dans les environs, il n'aurait en effet pas été très malin d'investir des sommes folles dans la rénovation du complexe.
Mais inoccupés, les bâtiments (et les alentours) se détériorent forcément. C'est pourquoi la Commune, en 2024 et pour l'euro symbolique, a racheté le site à son ancien propriétaire, l'ASBL Société publique d'administration des bâtiments scolaires, "qui le mettait à disposition des élèves de l'athénée". Son intention ? Le remettre "à zéro" dans un premier temps et lui donner une nouvelle affectation dans un second temps.
Une démolition subsidiée à 80 %
Et là, le dossier se précise un peu. "On a introduit en mars dernier un dossier à la Région wallonne pour que le site soit reconnu comme site à réaménager", explique Julien Madani. Un SAR est un bien immobilier (ou un ensemble de biens) qui a perdu son affectation d'origine (ancienne école, hôpital, friche industrielle…) et dont l'état actuel nuit au bon aménagement des lieux ou déstructure le tissu urbain. "En juin, la Région nous a répondu que notre dossier était complet et recevable et, en août, elle nous a notifié qu'on ne devrait pas faire de rapport d'incidences. On attend maintenant la notification officielle de reconnaissance du site en SAR. On pourrait alors prétendre à un subside spécial jusqu'à 80 % du montant des travaux, avec un plafond à 1 million d'euros."
Si la volonté de la Commune de raser les bâtiments est claire, la suite l'est un peu moins. Implanté en face de la piscine communale et de l'athénée, le site est vaste et idéalement situé et pourrait donc recevoir mille et une affectations. Mais rien n'est encore décidé à ce sujet, "on n'en a même pas encore vraiment parlé en collège, même si on a sûrement chacun des idées." L'échevin assure toutefois que le site n'accueillera par exemple pas du logement privé, mais servira d'office "à un projet d'utilité publique".

Raser et décider de la suite pendant cette mandature
Ce dont la Commune est par contre déjà sûre, c'est qu'elle devra faire appel à une entreprise spécialisée pour la démolition de l'école, dont au moins un bâtiment contient de l'amiante. Une donnée qui complexifie un peu le dossier, mais qui n'empêchera néanmoins pas le site de vivre, un jour, une autre vie… "On espère lancer le marché de démolition dans quelques mois pour avoir un site propre et réaffectable", conclut l'échevin saint-georgien. Quant à la concrétisation de la réhabilitation des lieux, les élus espèrent "avancer et leur donner une destination pendant cette mandature".
Un peu de vandalisme et un incendie suspect en 2024
À l'abandon, le site est parfois visité, mais ça reste assez rare. L'une ou l'autre vitre est cassée, quelques murs sont tagués et quelques dégradations sont à déplorer à l'intérieur des bâtiments, mais sans plus. Un des bâtiments a aussi été squatté un moment par deux personnes, qui avaient été identifiées et redirigées vers les services sociaux communaux qui les avaient alors pris en charge.
Par contre, en novembre 2024, un incendie s'était déclaré sur le site. Il avait alors été estimé comme criminel par les pompiers, mais l'enquête n'a jamais permis de déterminer une quelconque responsabilité. "Dans la foulée, on a donc encore un peu plus sécurisé le site pour en empêcher l'accès, rappelle Julien Madani, avec des chaînes et des panneaux d'interdiction."

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.