L’ancien ministre Jean-Michel Blanquer “assume complètement” sa réforme du lycée mais concède qu’ella a pu “accentuer” les problèmes d’emploi du temps
L'ancien ministre de l'Éducation nationale estime dans les colonnes du Parisien que les lycéens y ont "gagné" avec la création de Parcoursup et la suppression des filières historiques au lycée.
L'ancien ministre Jean-Michel Blanquer "assume complètement" sa réforme du lycée mais concède qu'ella a pu "accentuer" les problèmes d'emploi du temps
Publié aujourd'hui à 20h03
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L'ancien ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer, le 20 avril 2022. - Photo par DANIEL PIER / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP
L'ancien ministre de l'Éducation nationale estime dans les colonnes du Parisien que les lycéens y ont "gagné" avec la création de Parcoursup et la suppression des filières historiques au lycée.
Parmi les revendications des lycéens, mobilisés depuis plusieurs jours partout en France, figurent notamment de "repenser les rythmes scolaires" ou de "mettre fin à la sélection via Parcoursup". Deux doléances dont l'origine peut être ramenée à un homme: Jean-Michel Blancher, ministre de l'Éducation nationale entre 2017 et 2022.
Dans un entretien accordé au Parisien ce samedi 10 octobre, il ne reconnaît néanmoins "pas du tout" d'erreurs. "La majorité des lycéens voient très bien ce qu’ils ont gagné avec la création des enseignements de spécialité, qui offrent une plus grande liberté de choix", soutient-il ainsi.
"Les emplois du temps peuvent être devenus un peu plus complexes"
Lancée au début du premier quinquennat d'Emmanuel Macron, la réforme menée par Jean-Michel Blanquer a, effectivement, supprimé les filières historiques S, ES, L dans les lycées généraux et celles propres aux lycées technologiques. Des enseignements de spécialité ont été instaurés à la place.

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"Certaines nouvelles matières préparent leur avenir et celui du pays, comme 'Numérique et science informatique' qui contenait déjà, dès 2019, la cybersécurité et l’intelligence artificielle", se félicite aujourd'hui l'ancien ministre, qui assure "assumer complètement la réforme du lycée".
Pour autant, il reconnaît que "comme pour tout progrès, il peut y avoir des revers et les emplois du temps peuvent être devenus un peu plus complexes". Dans leurs blocus et leurs manifestations, les lycéens se plaignent de journées à rallonge ainsi que de trous dans leurs emplois du temps. "Il y a un petit lien: ça existait déjà, mais ça a pu s’accentuer", concède à cet égard Jean-Michel Blanquer.
"Mais très peu de lycéens ont cours tous les jours de 8 heures à 18 heures. Sans cette réforme, il y aurait tout de même eu cette révolte, car les véritables causes ne sont pas celles de l’emploi du temps", déclare-t-il en revanche.

Les lycées "y ont gagné" avec Parcoursup
Effectivement, les lycéens ciblent également, entre autres, Parcoursup, le site destiné à recueillir et gérer les vœux d'affectation des futurs étudiants de l'enseignement supérieur. La plateforme a été créée en 2018, sous Jean-Michel Blanquer donc, pour remplacer le système précédent: Admission post-bac (APB), en vigueur depuis 2009.
Là encore, l'ancien ministre de l'Éducation nationale soutient sa réforme. "Je ne prétends pas que c’est un système parfait mais ça a été un très grand progrès par rapport au système antérieur où il y avait notamment un tirage au sort", affirme-t-il, ajoutant également: "Il y avait 60% d’échecs en fin de première année de l’université en 2017. C’est 50% aujourd’hui".
"On a envie de peindre en gris Parcoursup mais je persiste à dire que les lycéens y ont gagné", martèle Jean-Michel Blanquer dans les colonnes du Parisien.
En 2026, plus de 126.000 candidats (sur un total de 872.000) étaient encore en attente d'une proposition de formation à l'issue de la phase principale d'admission. Soit 14% de l'ensemble des candidats. En ce qui concerne la question des critères de sélection des formations, les lycéens dénoncent son opacité. Sur ce sujet, Jean-Michel Blanquer estime que Parcoursup pourrait être amélioré "en jouant le jeu de l’autonomie des universités et de la transparence de leurs procédures".

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"Soutien" au gouvernement
Alors que la mobilisation lycéenne devrait se poursuivre la semaine prochaine, Jean-Michel Blanquer adresse son soutien au gouvernement "parce qu’il ne s’agit pas, dans ce moment, d’être dans la critique". Selon lui, toutefois, "il n’y a pas eu de révolte lycéenne durant le premier quinquennat contre la réforme du lycée car je ne l’ai pas élaborée tout seul dans mon bureau, mais en consultant 80.000 lycéens et les organisations représentatives".
Depuis sa mise en place, la réforme de Jean-Michel Blanquer a déjà été amendée, notamment avec le retour des mathématiques, qui avaient un temps disparu du tronc commun en classe de première.
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Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, recevra de nouveau les organisations lycéennes lundi pour travailler sur la transparence de Parcoursup et les capacités d'accueil dans l'enseignement supérieur.
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