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L’alpiniste Dottignien Philippe D’Heygere a frôlé la mort en chutant dans une crevasse, dans les Alpes Suisses

Avant de profiter de sa retraite pour crapahuter sur les sommets et pratiquer sa passion pour l'alpinisme, Philippe D'Heygere était inspecteur principal à la police judiciaire fédérale. Une page qu'il vient de ...

Avant de profiter de sa retraite pour crapahuter sur les sommets et pratiquer sa passion pour l'alpinisme, Philippe D'Heygere était inspecteur principal à la police judiciaire fédérale. Une page qu'il vient de tourner récemment.

Est-ce pour continuer de vivre une vie trépidante qu'il défie la haute-montagne dès qu'il en a l'occasion ? Le Dottignien était dans les Alpes Suisses ces derniers jours, où il partait à l'assaut de sommets vertigineux. Il a surtout évité le pire. Sur les réseaux, il raconte brièvement la mésaventure qu'il a vécue et qui aurait pu se terminer tragiquement.

"À trois heures du matin, nous étions debout. Nous sommes arrivés la veille à la cabane des Dix (le refuge d'altitude où Philippe et ses compagnons d'aventure ont passé la nuit). Nous avons attaqué les glaciers avec une belle météo, direction le Pigne d'Arolla à 3 800 mètres d'altitude. Avec un gel léger, il faisait trop chaud pour franchir des sommets avoisinants les 4 000 mètres d'altitude. L'ascension était pénible, avec des passages très raides", explique le Dottignien.

Cet ancien policier le sait, il passe
Cet ancien policier le sait, il passe "par une belle porte" après son accident. ©Philippe D'Heygere

Cinq heures après le début de son ascension, le groupe d'alpinistes a malheureusement été piégé par le terrain. "À 8 heures, une crevasse apparaît. La vie tient à peu de chose : un réflexe, un bon encordage et une volonté de survie décuplée. Je réussis à m'accrocher aux parois et j'évite une chute encore plus dramatique, pouvant mettre un terme à beaucoup de choses."

L'alpiniste est alors localisé et pris en charge par la compagnie suisse Air Glaciers, avant d'être héliportée dans la vallée, à l'hôpital de Sion. "La paroi était trop raide pour que l'hélicoptère puisse s'approcher et se poser."

S'il s'avoue chanceux, Philippe D'Heygere ne s'en sort pas indemne pour autant. Animé par une pulsion de vie, l'alpiniste a remonté la crevasse avec des ligaments déchirés supplément arrachements osseux. "Après des examens complémentaires, j'apprends qu'il y a une fracture au niveau du plateau tibial. Je relativise, ça aurait pu être pire et je m'en sors bien."

L'accident du Dottignien a eu lieu non loin d'un drame qui a profondément marqué le monde de la haute montagne, survenu en avril 2018 sur les pentes du Pigne d'Arolla. Pris dans une tempête, sept des dix alpinistes avaient, à l'époque, perdu la vie.

Aujourd'hui revenu en Belgique pour sa convalescence, Philippe D'Heygere a subi une opération de plusieurs heures. Il l'avoue : "Il va falloir être patient avant de réattaquer les sommets." L'alpiniste interprète aussi son accident comme un signe qu'envoie la montagne. "Elle m'a partagé sa souffrance. Le message a failli être fatal à l'image, de la situation environnementale. Un nouveau chapitre commence, avec un autre regard sur les conditions d'ascension, de plus en plus dangereuses jusqu'aux sommets…"

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