thejournalofsierraleonestudies.com

L’Algérie ferme son espace aérien aux avions émiratis après la rupture des relations

L'Algérie rompt ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis et ferme son ciel aux avions émiratis, dénonçant des "actes provocateurs et hostiles"; vols vers Alger maintenus jusqu'à fin 2026

Publié le 11/09/2026 - 7:09 UTC+2

L'Algérie a fermé son espace aérien aux avions civils et militaires immatriculés aux Émirats arabes unis après avoir rompu, jeudi, ses relations diplomatiques avec ce pays du Golfe, sur fond de tensions persistantes depuis plusieurs années.

Dans un communiqué annonçant la rupture des relations diplomatiques, Alger a accusé ce pays du Golfe d"actes provocateurs et hostiles", sans préciser toutefois l'élément déclencheur de cette rupture soudaine.

Le ministère algérien de la Défense a annoncé qu'une interdiction d'accès à l'espace aérien visant les appareils émiratis entrerait en vigueur vendredi, avec une exception pour les vols commerciaux à destination et en provenance de l'aéroport d'Alger, autorisés à fonctionner jusqu'à la fin de 2026.

Jeudi, Alger a donné 48 heures à l'ambassadeur des Émirats arabes unis pour "se conformer à la décision" et quitter le pays.

Le ministère algérien des Affaires étrangères a expliqué que cette décision intervenait "après avoir épuisé toutes les voies pour préserver les relations bilatérales" avec les Émirats arabes unis, en précisant avoir adressé à plusieurs reprises des mises en garde à Abou Dhabi.

L'Algérie "n'a ménagé aucun effort pour attirer l'attention de la partie émiratie et la mettre en garde contre les graves conséquences pouvant découler de son comportement regrettable et injustifié", a ajouté le ministère, précisant que les Émirats arabes unis "ont persisté dans leurs agissements, au point qu'ils ne pouvaient plus être considérés comme acceptables ni tolérables".

Les autorités émiraties ont exprimé leur regret face à cette décision, le ministère des Affaires étrangères indiquant espérer qu'elle ne serait que temporaire afin de préserver des "liens fraternels" avec l'Algérie.

"Partout où ils mettent le pied, le sang coule"

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune qualifie régulièrement les Émirats arabes unis de "micro-État" cherchant à déstabiliser les pays de la région, en citant explicitement les conflits en Libye, au Mali et au Soudan.

Lors d'un entretien télévisé en juillet, Abdelmadjid Tebboune a vivement critiqué Abou Dhabi, affirmant que "partout où ils mettent le pied, le sang coule".

"Nous voulons qu'ils restent à l'écart pour que le sang ne coule pas dans notre pays", a ajouté Abdelmadjid Tebboune, en soulignant qu'une rupture diplomatique "aurait eu lieu depuis longtemps" si Alger n'avait pas cherché à éviter "d'approfondir les divisions" au sein du monde arabe.

Les tensions entre les deux pays sont alimentées par plusieurs évolutions de ces dernières années, Alger considérant notamment l'ingérence des Émirats arabes unis dans les affaires nord-africaines et sahéliennes comme contraire à ses principes de politique étrangère et comme une menace indirecte pour la sécurité algérienne.

D'autres divergences entre Alger et Abou Dhabi tiennent aussi à des orientations diplomatiques opposées, comme la normalisation des relations des Émirats arabes unis avec Israël en 2020.

Sources additionnelles • AFP, AP