Abattoir d’Ath : des perquisitions menées par la police judiciaire, la juge d’instruction suspend les abattages
Après les images de maltraitance animale révélées par GAIA en juin dernier, l'enquête judiciaire se poursuit. Des documents et du matériel informatique ont notamment été saisis jeudi à l'abattoir d'Ath.
La fermeture constatée ce vendredi à l'abattoir d'Ath est bien directement liée à l'affaire de maltraitance animale révélée il y a quelques mois. Le parquet de Mons-Tournai nous le confirme : les devoirs menés jeudi s'inscrivent dans le cadre du dossier actuellement à l'instruction, ouvert à la suite des révélations de l'association GAIA.
C'est la police judiciaire fédérale qui est descendue sur place afin de procéder à des perquisitions. Plusieurs éléments ont été saisis par les enquêteurs, parmi lesquels des documents administratifs ainsi que du matériel informatique. Surtout, la juge d'instruction chargée du dossier a décidé de suspendre temporairement tout abattage d'animaux au sein de l'établissement. La durée exacte de cette mesure judiciaire n'est, à ce stade, pas précisée.
Des images qui avaient provoqué un scandale
Cette nouvelle étape intervient près de trois mois après les révélations de GAIA. À la mi-juin, l'association de défense des animaux avait rendu publiques des images particulièrement difficiles tournées clandestinement au sein de l'abattoir entre février et avril 2026.
Les séquences montraient notamment des problèmes lors de l'étourdissement de certains animaux, mais également des moutons et agneaux manipulés brutalement, des animaux frappés ou encore des bovins soumis à des décharges électriques. GAIA dénonçait des pratiques répétées et contraires aux règles relatives au bien-être animal. L'association avait alors réclamé la fermeture immédiate de l'établissement et déposé plainte avec constitution de partie civile auprès d'un juge d'instruction à Mons.
L'affaire avait rapidement dépassé les murs de l'abattoir athois. L'établissement, exploité depuis le début de cette année par la coopérative WapiMeat, avait en effet été repris à la Ville d'Ath avec l'ambition de maintenir un outil d'abattage de proximité en Wallonie picarde. Plusieurs communes avaient apporté leur soutien au projet.
Les révélations avaient également entraîné des contrôles des autorités wallonnes. Le ministre wallon du Bien-être animal, Adrien Dolimont, avait par la suite reconnu l'existence de "non-conformités majeures et inacceptables". Deux contrôles avaient été menés et avaient confirmé plusieurs infractions au Code wallon du bien-être des animaux ainsi que des manquements administratifs.
L'enquête judiciaire suit désormais son cours. Les perquisitions menées jeudi montrent en tout cas que les investigations se poursuivent activement. Avec la saisie de documents et de matériel informatique, les enquêteurs cherchent notamment à rassembler les éléments permettant d'établir les responsabilités dans les faits dénoncés. En attendant la suite de l'instruction, aucun animal ne peut donc plus être abattu sur le site athois.