Kavinsky, l’insaisissable artiste de la French Touch
Le DJ Kavinsky, de son vrai nom Vincent Belorgey, a été retrouvé mort mardi dans son appartement parisien. Dévoilé au grand public grâce au titre « Nightcall », utilisé pour le film « Drive », il était une figure de la French Touch
Maelys Courpotin
Publié le 29/07/2026 à 12h45 • Mis à jour le 29/07/2026 à 15h08
L'essentiel
- Le DJ français Kavinsky, de son vrai nom Vincent Belorgey, est décédé à son domicile parisien dans la nuit du mardi 28 juillet. Aucun élément suspect n’a été retrouvé sur place par les forces de l’ordre, a annoncé le parquet de Paris.
- Il s’est fait connaître avec son titre Nightcall, utilisé pour la bande-son du film Drive avec Ryan Gosling en 2011.
- Le producteur n’avait publié que deux albums : OutRun en 2013 et Reborn en 2022, mais il était devenu une des figures de la French Touch avec un style très visuel, inspiré de la science-fiction et des années 1980.
On l’aurait cru à la fois sorti d’un jeu vidéo ou d’une série des années 1980, mais aussi d’un univers futuriste. Caché derrière ses lunettes de soleil et ses platines, le producteur et DJ Kavinsky, alias Vincent Belorgey était un personnage mystérieux. Il a été retrouvé mort à son domicile parisien dans la nuit de mardi à mercredi. Il allait avoir 51 ans le 31 juillet.
Sa dernière grande apparition datait de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Paris 2024. Avec la chanteuse belge Angèle, il avait interprété son plus grand succès, la chanson Nightcall. C’est ce titre qui l’avait fait connaître en 2011.
Préserver le mystère au nom de la musique
Ce morceau est devenu le titre le plus « shazamé » de l’histoire lors de la cérémonie de clôture des Jeux Olympique de Paris 2024. Pourtant, Kavinsky est resté un personnage mystérieux pour le grand public, peu présent dans les médias.
C’est avec son album OutRun, sorti en 2013, que Vincent Belorgey a raconté l’histoire de son alias, Kavinsky. Celle d’un jeune homme décédé dans un accident de Ferrari Testarossa en 1986 et réapparu sous la forme d’un zombie en 2006. Mais l’on connaît peu de choses de l’homme derrière les platines. Selon des biographies, toujours non officielles, il aurait exercé de nombreux petits boulots avant de percer dans la musique : livreur de pizza, chargé de service client chez SFR ou du service courrier de ManPower. Il a aussi été acteur grâce à l’aide de son ami, le réalisateur Quentin Dupieux.
Un passé dont il parlait peu. Dans une interview pour le magazine Numéro, il expliquait qu’un nom « peut empiéter sur la musique. » Kavinsky veut que « l’on écoute [ses] morceaux au premier degré, sans trop en savoir à [son] sujet ».
Deux albums pour un succès planétaire
Si Kavinsky parlait peu, il offrait aussi peu de morceaux à ses fans. En 2013, sort son premier album OutRun. Marqué par le succès de son titre Nightcall, entré dans le top 10 des vents en quelques jours et titre le plus playlisté, il a du mal à reprendre la musique. C’est seulement neuf ans plus tard qu’il revient, avec son disque Reborn. Auprès de nos confrères de Numéro toujours, il expliquait : « Je voulais qu’on puisse l’écouter partout, en club ou dans son salon, mais aussi dans une bagnole qui irait moins vite que dans le premier album. Elle roulerait en ville, les fenêtres ouvertes et contiendrait des haut-parleurs de meilleure qualité. »
Tout comme pour son premier disque, celui-ci rencontre un succès critique et populaire. Kavinsky est alors une figure du courant de la French Touch. Il compte donc parmi ses amis le groupe électro Justice, ou encore les Daft Punk. Sébastien Tellier, ancien membre du duo casqué, participe même à la création de son titre Goodbye en 2022. Avec son style cinématographique, inspiré à la fois de la science-fiction et des années 1980, Kavinsky aura marqué l’industrie électro française et internationale.