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Karma : critique au nom de la secte

Voici notre critique du film Karma de Guillaume Canet.. Guillaume Canet a connu un sacré revers en 2023 avec Astérix & Obélix : L'Empire du Milieu. Le succès public a été au rendez-vous (avec p...

Par Alexandre Janowiak

19 octobre 2026

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Guillaume Canet a connu un sacré revers en 2023 avec Astérix & Obélix : L’Empire du Milieu. Le succès public a été au rendez-vous (avec près de 5 millions d’entrées) mais la réception critique a été catastrophique (et à raison) puisque le film était un énorme ratage. Guillaume Canet n’en était pas le seul responsable au vu des nombreuses exigences de Pathé, l’ayant a priori poussé à accepter le rôle d’Astérix, en plus de ses casquettes de réalisateur et scénariste. Mais il n’a pas été rancunier puisqu’il a collaboré de nouveau avec Pathé pour Karma, thriller porté par Marion Cotillard, Denis Ménochet et l’Espagnol Leonardo Sbaraglia. Au cinéma ce 21 octobre 2026.

Karma : critique au nom de la secte

© Pathé Films

guette out

Guillaume Canet a déjà mis en scène deux thrillers : le très apprécié Ne le dis à personne (adapté du roman éponyme de Harlan Coben) et le peu convainquant Blood Ties, montré en hors-compétition à Cannes en 2013. Seize ans plus tard, il a retrouvé le tapis cannois en tant que cinéaste dans la même catégorie et le résultat ressemble beaucoup plus au premier de ses deux thrillers. Également scénariste de Karma (avec Simon Jacquet), Guillaume Canet construit en effet un récit digne d’un bestseller dans le top des ventes littéraires.

Karma débute ainsi comme un mélodrame avec son duo Jeanne-Daniel, dont quelques traumatismes insoupçonnés ne les empêchent pas de vivre un amour modeste et sincère. Sauf qu’un jour, Mateo, le filleul de Jeanne âgé de six ans, disparaît mystérieusement. Soupçonnée par la police, Jeanne s’échappe. Daniel part à sa recherche, persuadée qu’elle est innocente et découvre peu à peu le passé trouble de cette femme qu’il aime.

Marion Cotillard dans Karma
L’heure des secrets

Bien sûr, quiconque un tant soit peu adepte du genre aura rapidement compris les tenants et aboutissants autour de la disparition de Mateo… notamment lorsque sa véritable identité éclate au grand jour. Mais peu importe, comme un roman de gare, même si Karma dure beaucoup trop longtemps (2h29), son efficacité est manifeste. La panique grimpe, le doute s’installe et l’intrigue bascule dans un thriller plein de rebondissements et un monde d’une noirceur abyssale qui se déploie sous les yeux des spectateurs.

Guillaume Canet choisit en effet de jongler entre deux intrigues se déroulant en simultanée : la quête de Daniel pour retrouver Jeanne mais surtout la fuite et le retour de Jeanne en France dans la communauté où elle est née. Une secte dirigée par un gourou psychopathe manipulateur incarné par Denis Ménochet, dont la corporalité est encore utilisée à merveille pour instiller la terreur à chacune de ses apparitions.

Karma
Le grand cauchemar

finirons-nous ensemble ?

Ce choix scénaristique de secte aurait pu devenir un simple gadget, mais, au contraire, Karma lui donne pleinement vie, de ses rouages à ses rituels en passant par les horreurs passées sous silence. Ça a évidemment l’air de rien comme ça, mais la précision du fonctionnement de la communauté apporte énormément aux personnages. Habilement, le récit parvient à approfondir leur parcours, dévoiler leur personnalité, révéler leurs multiples traumatismes et les liens qui les ont unis par le passé.

Tant pis alors que la mise en scène de Guillaume Canet soit très peu inspirée, hormis pour un plan dans la campagne et une séquence enflammée bourrée de CGI. Tant pis également que la structure, les twists et la montée en tension finale (amenant à une violence libératrice) soient aussi classiques et ordinaires. Au fond, Karma, bien que peu original, tient ses engagements jusqu’au bout avec une tenue solide, notamment grâce à la photo de Benoit Debie, le montage de Laure Gardette et la musique de Yodelice.

Marion Cotillard dans Karma
Marion Cotillard est excellente, sans surprise

Et en même temps, Karma est peut-être son film le plus réussi en près de vingt ans, car il semble aussi l’animer intimement. Non seulement le cinéaste a écrit le rôle de Jeanne pour Marion Cotillard (une première) mais le tournage s’est terminé seulement quelques semaines avant que lui et l’actrice décident de mettre fin à leur relation après dix-huit ans de vie commune. Devant la conclusion de Karma, difficile de ne pas voir une sorte de message subliminal du cinéaste, une touche d’espoir, en écho à sa vie personnelle.

Celle de voir les liens d’une famille, qu’une séparation (éphémère) a éloignée, se renouer pour l’éternité. On n’en attendait plus autant de Guillaume Canet.

Affiche Karma

Rédacteurs :

Avec Karma, Guillaume Canet livre un thriller classique mais plutôt bien tenu.

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