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Justice. Prison : pourquoi les quartiers dédiés aux narcotrafiquants sont loin de faire l’unanimité

« La mise en service du QLCO semble avoir donné un blanc-seing aux agents qui affichent des convictions qui ne respectent pas les obligations de probité. » Le 9 juillet, la Contrôleuse des prisons publiait des ...

« La mise en service du QLCO semble avoir donné un blanc-seing aux agents qui affichent des convictions qui ne respectent pas les obligations de probité. » Le 9 juillet, la Contrôleuse des prisons publiait des recommandations en urgence cinglantes, visant le centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne, et elle n’épargnait pas son quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) où sont actuellement incarcérés une quarantaine de narcotrafiquants.

Dominique Simonnot y rapporte notamment des comportements jugés comme des « fautes professionnelles, voire des infractions pénales », de la part des agents pénitentiaires affectés au QLCO, qui « portent en permanence une cagoule » favorisant un « sentiment d’impunité ».

Les conditions de détention au sein des quartiers de haute sécurité sont sujettes à débat.  Photo EBRA /Alexia Ferre

Les conditions de détention au sein des quartiers de haute sécurité sont sujettes à débat.  Photo EBRA /Alexia Ferre

Mais elle décrit aussi « une démarche d’humiliation et de déshumanisation » insidieuse, qui s’est développée avec les mesures de sécurité très strictes qui régissent les quartiers de haute sécurité. Dominique Simonnot pointe également les fouilles, notamment celles « à nu, particulièrement nombreuses », dont les « modalités de réalisation » peuvent se montrer « brutales ou humiliantes ».

« Comportements contraires à la déontologie »

Comme plusieurs de ses confrères, l’avocat Vincent Brengarth dénonce une « restriction inouïe des droits des personnes qui y sont incarcérées » – « limitation drastique des visites, dispositifs de séparation très attentatoires à la vie privée dans les salles de parloir, systématisation des fouilles corporelles » – mais aussi une doctrine qui « favorise les comportements contraires à la déontologie ». Cela se traduit par « une absence de communication avec les surveillants, faite seulement d’ordres et de mots très brefs » ou encore « l’interdiction de les regarder dans les yeux ». Le pénaliste parisien, qui défend un homme condamné pour trafic de stupéfiants incarcéré au QLCO de Condé-sur-Sarthe, a porté la question devant la justice administrative avec d’autres avocats et associations.

Celle-ci a enjoint le ministre de la Justice à « mettre un terme, dans les meilleurs délais, aux comportements contraires à la déontologie commis par certains agents lors de leurs interactions avec les personnes détenues », sans toutefois remettre en cause l’intégralité du dispositif. Celui-ci a été validé l’an passé par le Conseil d’État, après l’adoption de la loi narcotrafic. À ce jour, aucun détenu placé par le ministère en QLCO n’a obtenu, par voie judiciaire, de sortie de ce régime carcéral qui est un « outil efficace pour lutter contre la criminalité organisée », se félicite la place Vendôme.